Le ballet de l’Opéra de Lyon donne, du 9 au 11 mai, trois représentations de Giselle, dans la mise en scène du chorégraphe suédois Mats Ek créée en 1982.

Issu d’une dynastie de danseurs, le Scandinave Mats Ek est le fils de Brigit Cullberg, fondatrice du Ballet Cullberg. Après des études théâtrales, il s’intéresse à la danse et réinvestit des pièces traditionnelles. C’est ainsi qu’il est amené à se pencher sur Giselle, spectacle créé en 1841 sur un livret de Théophile Gautier et reconnu comme l’archétype du ballet romantique. Inspirée des traditions allemande et slave, son histoire repose sur un argument simple : une jeune paysanne naïve, Giselle, tombe amoureuse d’un noble, Albrecht, qui lui a caché qu’il était fiancé à une autre. En apprenant qu’elle a été dupée, Giselle meurt de chagrin et rejoint les Wilis, esprits des jeunes fiancées mortes avant le jour de leur mariage qui dansent au clair de lune. Revenue hanter les vivants, Giselle cherchera à aider Albrecht à se défaire d’une malédiction.

Lutte des classes, folie et partiarcat

Si la représentation d’un univers fantastique constituait l’attrait principal du ballet au XIXe siècle, au début des années 1980, Mats Ek décide d’ancrer sa chorégraphie dans le réel et prend quelques libertés avec le livret original. Ainsi, l’artiste suédois met l’accent sur la confrontation des classes sociales qui sous-tend l’amour impossible de Giselle et d’Albrecht et épargne la vie de l’héroïne. Au lieu de mourir, cette dernière sombre dans la folie et se retrouve internée dans un établissement psychiatrique.

Bien que le ballet joue sur le stéréotype de la femme faible et passionnée qui se laisse abuser, les représentations de la Giselle de Mats Ek à l’Opéra de Lyon sont l’occasion de découvrir ou de redécouvrir un classique de l’histoire de la danse, dans une mise en scène qui interroge le monde contemporain plutôt qu’elle ne véhicule d’anciens clichés. En faisant de ces jeunes filles des internées plutôt que des esprits, le Suédois pose la question de la place que nos sociétés accordent à celles et ceux qui font figure d’inadaptés.

 

Giselle, du 9 au 11 mai à l’Opéra de Lyon, place de la Comédie-Lyon 1 / 08.26.30.53.25 / www.opera-lyon.com

 

Photos © Jean-Pierre Maurin

Un Réponse à “Le ballet de l’Opéra de Lyon reprend « Giselle » de Mats Ek”

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