OLYMPUS DIGITAL CAMERABrigitte Goldberg, présidente du collectif Trans-Europe, a lancé le 10 mai dernier un nouveau parti, Avenir 2012, et ambitionne de devenir l’an prochain la première candidate transsexuelle aux élections présidentielles.

Où en est la récolte des 500 signatures d’élus nécessaire à une candidature aux élections présidentielles ?
Pour l’instant, ces élections étant en avril, il est trop tôt pour s’en préoccuper. La récolte des signatures débute généralement en janvier. On commencera à cette période-là, car on attend d’avoir une certaine assise et on préfère le faire dans de bonnes conditions.

Vous dites «on»… Combien de militants compte votre parti, Avenir 2012 ?
À peu près un millier. Pour ce qui est des sympathisants, ils sont plus de 4 000 sur ma page Facebook.

Au-delà des médias, comment comptez-vous vous faire connaître sur le terrain ?
On se repose beaucoup sur les collectifs LGBT. J’étais par exemple le 6 septembre à Lille, à l’Égide (la maison des associations gays et lesbiennes de la métropole nordiste, NdlR) ; je vais bientôt aller à Montpellier et j’espère aussi venir à Lyon ! Ça me rappellera des souvenirs : j’y ai été opérée !

Qu’est-ce qui motive votre candidature à la fonction suprême ?
Dans une interview au Midi Libre de novembre 2009, Hussein Bourgi (président du Collectif contre l’Homophobie, basé à Montpellier, NdlR) pronostiquait que le mariage homosexuel «ne se fera[it] pas avant 2014, voire 2017, et encore, si la gauche reprend les rênes à la présidentielle». Si nous avons créé Avenir 2012, c’est précisément pour ne pas avoir à attendre si longtemps ! Il est urgent que la communauté LGBT, à l’instar de ce qu’on fait les écologistes dans les années 80, se batte sur le terrain politique et non plus seulement associatif. Sans quoi, elle n’obtiendra rien, même de la gauche. Notre stratégie, c’est de créer un sentiment de sympathie dans la population afin de se faire entendre des responsables politiques. Nous espérons dialoguer de parti à parti et non plus d’association à parti. De préférence avec un parti de gauche, car on ne risque pas de traiter avec l’UMP, ça c’est sûr !

Que demandez-vous alors aux partis de gauche ?
Qu’ils incluent dans leur programme l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels, une législation concernant les mères porteuses et le suivi médical des transgenres.

C’est déjà le cas, non ?
Des lettres de responsables de gauche qui nous assurent de leur sympathie, je peux vous en montrer des tonnes ! Mais lorsqu’ils étaient au gouvernement, ils n’ont rien fait, par exemple concernant le mariage. Donc, même si la gauche revenait au pouvoir, ce que nous appelons de nos vœux, il n’est pas du tout dit que ces promesses de campagne seraient tenues. Aujourd’hui, François Hollande est en tête des sondages des primaires socialistes. Or, s’il devient effectivement le candidat du PS en 2012, il est évident qu’il ne fera pas des questions LGBT une priorité.

Quels sont les autres grands axes de votre programme ?
Nous préconisons une réforme de la fiscalité qui constituerait une remise à plat quasi-totale, avec notamment une suppression des niches fiscales, qui représentent 74 milliards d’euros par an. Les sommes dégagées permettrait de réduire la Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) et la Contribution Sociale Généralisée (CSG), afin d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés et de relancer ainsi la croissance via la consommation. Les économies réalisées doivent également permettre de diminuer les charges patronales afin de doper l’exportation.

N’avez-vous pas songé à défendre ces idées dans un parti politique déjà existant plutôt que de créer le vôtre ?
Si, mais je ne me sens pas capable de défendre des positions avec lesquelles je ne suis pas d’accord. Et puis, je serai fatalement devenue la « trans de service » !

 

Brigitte Goldberg

_1960_ naît de sexe masculin, sous le nom de Stéphane
_1979_ obtient le bac
_1981_ créé une des premières radios locales parisiennes
_2007_ subit une opération de changement de sexe
_2009_ fonde la collectif Trans-Europe, qu’elle préside

www.avenir-2012.fr

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