101101_52visuEntre strip-tease, fétichisme, performance artistique et pratique traditionnelle geisha, les apparitions de Satomi, artiste hybride et magnifique installée dans la ville japonaise d’Osaka, sont rares mais remarquées.

À la fin d’un de ses récents showcases à Lyon, une fois démaquillée, rhabillée et ses cordelettes soigneusement enroulées, Satomi a pris le temps de revenir en salle pour échanger avec les filles venues la découvrir. Son nouveau spectacle, dans lequel apparaît un poulpe géant, a fait réagir quelques-unes d’elles, suscitant du dégout chez certaines, de la curiosité chez d’autres. Satomi est ainsi : surprenante, envoûtante et engagée. «Je suis une geisha contemporaine, une architecte des fantasmes. Le terme “artiste“ est trop vague. Celui de “performeuse“ est plus précis car il met en jeu des notions telles que l’art, l’esthétisme et le dépassement de ses limites. Autant d’éléments très présents dans mes prestations», confie-t-elle. Il y a onze ans, elle a décidé de faire du Japon son pays d’adoption, bien avant la sortie des films Mémoires d’une geisha et Sakuran. Depuis, elle se plaît à mélanger les genres et tente de moderniser l’image du bondage. «Je veux démystifier un peu l’image très ambiguë qu’ont les Occidentaux des geishas : des prostituées, des subordonnées… Une geisha est tout simplement une femme très cultivée qui vit de son art. Elle sait flatter l’ego d’un homme tout en lui laissant croire qu’il est le maître d’un jeu dont elle définit les règles». Du Palm Beach de Cannes aux casinos de Las Vegas, de la Demeure du Chaos aux soirées Torture Garden de Paris ou dans les salons de tatouages, Satomi défend la nudité féminine. «Le concept de la femme “ob-jouet“ déclenche toujours une certaine polémique, surtout dans le mouvement féministe. D’aucuns estiment qu’il y a de la misogynie dans la représentation d’une femme qui devient la proie des cordes. Mais c’est d’abord un acte consensuel, qu’il se fasse entre dominants, dominés, gays, lesbiennes ou hétéros. Il n’est question que de recherche de sensations, d’expérimentations et d’épanouissement de sa sexualité». Depuis sept ans, Satomi et Lukas Zpira mettent en spectacle des suspensions et des scarifications live, afin d’expérimenter les manipulations et les modifications du corps. La belle créature est actuellement en tournée à travers l’Allemagne, le Japon, le Venezuela, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Son retour en France est prévu le 18 novembre pour une performance à Paris à la soirée Cabaret Rouge, organisée par la compagnie Materia Prima.

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