111220_18quefairependantlesftesiden4imcopyrightC’est bien connu, les vacances de fin d’année sont les plus reposantes de toutes, celles où l’on s’ennuie ferme entre la digestion du repas de Noël et la préparation de la soirée du Nouvel An. C’est pourquoi Hétéroclite vous suggère quelques activités à pratiquer entre deux bouchées de foie gras.

Idée n°1 : passer du temps avec vos neveux et nièces
Les vacances de Noël, c’est aussi la période de l’année idéale pour emmener vos neveux et nièces au cinéma, de préférence afin de leur montrer des films pour enfants à fort sous-texte gay-friendly. Le Vilain Petit Canard, long-métrage d’animation russe sorti le 2 novembre, c’est évidemment une allégorie à peine voilée de l’homosexuel rejeté par sa famille en raison de sa différence. Lorsque Alvin et les Chipmunks 3 (sortie le 21 décembre) reprennent en chœur Bad Romance de Lady Gaga, c’est bien sûr un clin d’œil appuyé aux spectateurs gays et lesbiens. Quant à L’Incroyable Histoire de Winter le dauphin, dont la queue est remplacée par une prothèse (sortie le 2 novembre), elle se passe de tout commentaire. Enfin, si votre nièce (ou, mieux, votre neveu) fait une fixation sur Sissi, parez-vous de votre plus beau diadème et courrez voir ensemble Celles qui aimaient Richard Wagner (sortie le 9 novembre) : notre petit doigt nous dit qu’un nanar en costumes avec Stéphane Bern dans le rôle de Louis II de Bavière (roi homosexuel et grand ami de l’impératrice) a forcément en lui ce je-ne-sais-quoi de décalé qui vous plaira tant… Et si les dix euros par personne qu’il vous faudra débourser dans un multiplexe pour une séance de ciné pop-corn vous restent en travers de la gorge, vous pouvez toujours vous rabattre sur les DVD pour enfants. Dans l’épisode Darby joue au ballon de Mes amis Tigrou et Winnie : Enquêtes et Découvertes (2008), l’héroïne, une fillette de huit ans, chante ainsi à qui veut l’entendre qu’elle «veut une queue», à l’instar de ses amis Tigrou et Bourriquet. Mais notre faveur va néanmoins à Wallace et Gromit : le mystère du lapin-garou (2005), pépite des studios Aardman remplie de grivoiseries et de jeux de mots salaces qui échapperont totalement à nos chères têtes blondes, mais pas à leurs accompagnateurs.

Idée n°2 : aller au théâtre
Cette saison, Shakespeare rime décidément avec queer : après Olivier Py, qui livre une version ouvertement homosexualisée de Roméo et Juliette (à voir du 6 au 13 janvier au Théâtre National Populaire de Villeurbanne), c’est au tour de la compagnie lyonnaise La Nouvelle Fabrique, formée à l’École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT) de donner à voir une relecture originale d’Hamlet. Dans cette version publiée par le grand dramaturge italien Giovanni Testori (1923-1993) en 1972 (soit durant les années de plomb) et intitulée L’Hamblette, le prince du Danemark entretient en effet une relation amoureuse avec un poète appelé Le François, lointaine réminiscence de l’Horatio de la pièce originale. Sûr que le grand Will, qui naviguait lui-même à voile et à vapeur (en témoignent par exemple ses fameux Sonnets, dédiés et adressés à un homme), ne s’offusquerait pas outre mesure de voir ses pièces ainsi réécrites.
L’Hamblette, du 15 au 22 décembre au Théâtre de l’Élysée, 14 rue Basse Combalot-Lyon 7 / 04.78.58.88.25 / www.lelysee.com

Idée n°3 : aller au cabaret
À Buenos Aires, capitale de l’Argentine, en 1982, en pleine guerre des Malouines, le «dangereux communiste» Diego de la Vega trouve refuge dans un bar miteux et pour le moins interlope, tenu par Carmen et sa fille Pilar. Il est poursuivi par le capitaine Ruben Marquez, un flic teigneux aux faux airs d’Éric Zemmour et son assistante bas du front, la sergente Soledad Garcia. Chacun de ces personnages, qui se travestissent à tour de rôle, porte en réalité un masque derrière lequel il abrite des préférences (politiques ou sexuelles !) peu avouables en ces heures sombres de la dictature militaire… Comédie drôle, enlevée et très queer, Besame Macho est un spectacle de cabaret populaire riche en rebondissements et en chansons (parodiques mais toujours très bien interprétées) qui redonne à la rue Royale un peu de son caractère gay-friendly du temps où elle était l’épicentre de la vie homo à Lyon.

Idée n°4 : fantasmer sur des rugbymen
Pour la deuxième année consécutive, les rugbymen gays ou friendly de l’équipe Les Rebelyons, sponsorisés notamment par le bar La Ruche et organisateurs le 19 mars dernier du tournoi L’Ov à Lyon, ont sorti le 2 décembre un calendrier sur lequel ils posent en tenue d’Adam. Pour se démarquer des initiatives semblables, qui n’en finissent plus de fleurir depuis que le Stade français a fait paraître en 2001 son premier calendrier Les Dieux du Stade, les athlètes lyonnais ont décidé de battre en brèche les idées reçues en démontrant que sport et culture n’ont rien d’incompatible. Au fil des mois, on pourra ainsi découvrir les joueurs dressés ou alanguis dans des poses qui rappellent La Joconde de Léonard de Vince, La Liberté guidant le peuple de Delacroix, La Création d’Adam de Michel-Ange, La Laitière de Vermeer, Le Penseur de Rodin ou Le Baiser de l’Hôtel de Ville de Robert Doisneau.
Présentation du calendrier le samedi 17 décembre de 17h à 19h au Double Side, 8 rue Constantine-Lyon 1 / 04.78.29.85.22 / www.rebelyons.com/calendrier-2012

Idée n°5 : fantasmer sur des vampires
Non, il ne sera pas ici question de la saga Twilight (dont le quatrième épisode est sorti sur nos écrans le 16 novembre), même si, avouez-le, vous n’avez pas pu vous empêcher parfois de rêver secrètement à Robert Pattinson ou à Taylor Lautner comme une midinette en chaleur. Parlons plutôt de créatures de la nuit un peu moins cucul-la-praline : celles de la série télévisée américaine True Blood, créée en 2008 par le scénariste gay Allan Ball pour la chaîne câblée HBO. Comme dans sa précédente série, l’excellentissime Six Feet Under, il ne s’agit pas d’une fiction communautaire où tous les personnages principaux seraient homos (à l’instar par exemple de Queer as Folk ou de The L Word) ; mais dans cette histoire où cohabitent vampires et êtres humains, les figures gays et lesbiennes sont nombreuses et bien visibles. Beaucoup de commentateurs ont vu d’ailleurs dans le combat pour l’égalité entre humains et créatures surnaturelles qui sous-tend l’intrigue une allégorie des droits LGBT. En France, la quatrième saison est diffusée depuis le 18 octobre chaque mardi à 20h40 sur Orange Cinémax ; et si vous avez choisi un autre opérateur, demandez donc au Père Noël de déposer au pied du sapin le coffret de l’intégrale des trois premières saisons paru début juin.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.