Le spectacle de la compagnie Novecento, Frida Kahlo, esquisse de ma vie, nous emmène à la rencontre de la peintre mexicaine.

Frida KahloFigure emblématique de la scène artistique mexicaine du début du XXe siècle, Frida Kahlo, que l’on associe un peu rapidement en France au mouvement surréaliste, reste assez méconnue du grand public. Beaucoup ont à l’esprit l’un de ses multiples autoportraits mêlant détails réalistes et scènes oniriques (sur lesquels son visage est irrémédiablement barré d’un épais sourcil à faire pâlir d’envie Emmanuel Chain) ou le biopic américain de 2002 (avec Salma Hayek dans le rôle principal) mais peu sont capables de situer l’œuvre de la peintre dans un contexte plus global.

Or, c’est justement ce que cherche à faire la compagnie Novecento avec Frida Kahlo, esquisse de ma vie. La troupe propose un spectacle mêlant lecture, jeu dramatique, musique et projection d’images afin de retracer le parcours chaotique de l’artiste mexicaine. Sur le plateau, une comédienne et un musicien se répondent, passant du français à l’espagnol, pour donner vie aux grands événements constitutifs de la vie de Frida Kahlo.

Ceci n’est pas un sourcil

Bien que le décor et la mise en scène, minimalistes, soient conditionnés en grande partie par l’étroitesse de l’espace de jeu, ils permettent pleinement à la comédienne de dérouler l’histoire de l’artiste, qui éclaire de manière pertinente ses toiles. On apprend ainsi que la peintre a mené de front plusieurs combats : contre l’oppression en général et le machisme en particulier (sur les bancs de l’école tout d’abord, puis au sein du parti communiste), mais également contre son corps, qui semble lui avoir toujours fait défaut et qu’elle cachait sous des tenues d’homme à l’adolescence puis sous des robes traditionnelles bigarrées à l’âge adulte.

C’est en effet un douloureux accident de la route qui constitue la genèse de son parcours artistique, qu’elle a ensuite poursuivi aux côtés de son mari, Diego Rivera, peintre deux fois plus vieux qu’elle et véritable amour de sa vie (même si elle eu également une liaison célèbre avec Léon Trotski, mais aussi avec quelques femmes, dont Joséphine Baker).

Les tableaux de Kahlo prennent alors tout leur sens lorsqu’on comprend que cette dernière a vécu comme prisonnière de son propre corps, limitée dans ses mouvements et incapable de donner naissance à un enfant malgré son désir de maternité. Cet empêchement permanent, qui a forgé la personnalité de Kahlo autant qu’il l’a détruite, trouvera aisément un écho chez les spectateurs de 2018.

 

Frida Kahlo, esquisse de ma vie, les 13 et 14 mars 2018 à la Salle Paul Garcin, 7 impasse Flesselles-Lyon 1 / 04.78.29.07.18 / www.compagnienovecento.fr

 

Frida Kahlo

_6 juillet 1907_ Frida Kahlo naît dans les environs proches de Mexico
_17 septembre 1925_ elle est victime d’un grave accident de bus qui lui brise le bassin, les côtes et la colonne vertébrale.
_1928_ elle s’inscrit au Parti communiste mexicain et rencontre le peintre Diego Rivera (1886-1957), qu’elle épouse l’année suivante
_4 juillet 1932_ elle subit une deuxième fausse couche : l’accident de bus, en lui transperçant le vagin, l’a empêché à jamais d’avoir un enfant
_1937_ Diego et elle hébergent dans leur maison Léon Trotski et sa femme, tous deux en exil. Frida a une brève liaison avec le révolutionnaire russe.
_décembre 1938_ elle divorce d’avec Diego. Le couple se remariera le 8 décembre 1940
_août 1953_ elle est amputée de la jambe droite et plonge dans une profonde dépression
_13 juillet 1954_ elle meurt d’une pneumonie à quarante-sept ans

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