Alexandra est trésorière du club de roller derby lyonnais les Grrriottes Girrrls et pratique un sport à part entière mais qui est encore associé à beaucoup trop de clichés.

Apparu dans les années 30 aux États-Unis sous un aspect très caricatural (une bande de filles, en patins, qui font le show), le roller derby réapparaît dans les années 90 sous une forme très militante, qui surfe sur la troisième vague féministe et punk. Le roller derby est alors DIY et riot grrrl à fond les roulettes. Aujourd’hui, il connaît un regain de popularité et s’exporte. À Lyon, un club composé d’une quarantaine de membres s’est formé il y a tout juste un an : les Grrriottes Girrrls. Alexandra, la trésorière, explique : «en s’expatriant, le roller derby s’est ouvert à un état d’esprit très sportif et a délaissé la caricature. Depuis cinq ans, il est devenu un vrai sport».

Un sport qui se pratique entre deux équipes de cinq joueuses : quatre « bloqueuses » et une « jammeuse », celle qui marque des points. Le but de cette dernière est de sprinter afin de dépasser les filles de l’équipe adverse. Il faut donc que les bloqueuses mettent en place une stratégie pour empêcher la jammeuse de passer. Mais laquelle des joueuses est la catcheuse, laquelle est la lesbienne, laquelle est en bas résille ? Mais où sont passés les clichés ? Alexandra n’en fait qu’une bouchée. «Ces clichés m’énervent. Oui, il y a quelques lesbiennes, mais pas plus que dans n’importe quel autre sport ! C’est surtout un sport très ouvert où chacune assume sa personnalité».

Venez comme vous êtes

Et pour ceux qui espèrent voir du catch, c’est encore loupé : le roller derby n’est pas un sport de combat. Si tous les coups sont permis dans le film que Drew Barrymore a consacré à ce sport (Bliss, sorti en 2009), la réalité est toute autre : seuls les coups d’épaules et de hanches sont autorisés. Ne reste plus alors au macho en mal de clichés sexistes qu’à incriminer la tenue des Grrriottes Girrrls ou de joueuses d’autres équipes qui, tout comme la jupette des tenniswomen, est jugée trop provocante par certains esprits obtus. «Les tenues ne sont pas là pour être sexy ou provoquer. Certaines joueuses sont en bas résille, mais d’autres sont en leggings jusqu’aux chevilles. La tenue, c’est un moyen de s’éclater un peu. C’est juste pour dire qu’on est libres, qu’on fait ce qu’on veut, qu’on est des femmes et qu’on est fières de ce qu’on est !».

Ou quand les clichés ne vont plus comme sur des roulettes…

 

www.rollerderbylyon.fr

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