Le premier album du duo Mensch (sorti sur le label Tsunami Addiction) nous emballe avec son énergie live. Un opus rugueux comme du krautrock et sexy comme de la dance.

Cela fait déjà plus d’un an que l’on se faisait les dents sur leur premier EP. Il commençait donc à nous manquer de la matière. Mensch, duo composé de Vale Poher et de Carine Di Vita, est un binôme qui visiblement passe plus de temps sur scène qu’en studio. Et c’est tout à son honneur. Les filles bidouillent leurs sets, corrigent leurs sons, se remettent en question et font leurs armes en live. Résultat : en concert, Mensch sonne sacrément bien et de mieux en mieux. Mais voilà, il a bien fallu trouver le temps de s’enfermer pour faire un disque. Et faire face au risque majeur qui plane sur un premier album : la surproduction, qui casse souvent l’énergie live. Car le travail de studio, c’est un peu comme la chirurgie esthétique : il faut savoir s’arrêter et ne pas surenchérir…

Heureusement, Mensch est expérimenté et a surtout eu l’intelligence de s’entourer de bons gars. Le duo a en effet fait appel à Hypo (geek génial) à la production et au DJ et activiste Krikor au mixage. Avant même l’écoute, on ne se faisait donc pas trop de soucis quant au résultat final, d’autant que, dès le premier EP de Mensch, on pouvait percevoir des influences telles que LCD Sound System ou encore Blondie.

Chaud-froid

Mensch nous présente donc un album qui claque, aux rythmiques sèches et synthétiques. Ses huit morceaux sont krautrock, avec la pointe d’austérité et de cold que cela suppose, mais tous sonnent dancefloor et live. Alors, on sautille naïvement, parce que c’est plein d’énergie. Mais méfiance : la tension règne, ainsi qu’une certaine mélancolie insufflée par les lignes mélodiques vocales de Vale Poher et par la basse toujours nerveuse de son acolyte.

Mensch

À l’écoute, on reconnaîtra des morceaux de l’EP précédent comme Mystery Train, le titre qui évoque le plus Blondie, ou encore l’efficace Island. Mais l’évidence de cet album, c’est Swim Swim. La rythmique attaque souple et disco, le chant se pose, évanescent et inquiétant. Et c’est parti, le duo empile les sons, les effets, nous appuie la tête sous l’eau pendant plus de quatre minutes. C’est magnifiquement bien dosé, sans aucune surcharge, avec quelques respirations aux couplets.

On ne va d’ailleurs pas beaucoup respirer à l’écoute de cet album d’une grande densité. Le titre Goliath, que l’on suppose être une halte, débute à pas de loup avec un chant tout d’abord fragile, puis provocateur et revanchard, avant la troisième minute où tout s’emballe. Ce n’est que sur l’ultime titre Sublime que l’on soufflera vraiment. Dommage, car huit titres, c’est court, et c’était bien d’être à bout de souffle.

 

Photo © collectif ITEM

 

www.menschband.com

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