Comme chaque année depuis 2005, le Musée d’Art Contemporain de Lyon accueille une exposition-événement, dédiée en 2012 à l’artiste sétois Robert Combas.

«Qu’est-ce qu’être rock aujourd’hui ?» s’interrogent gravement depuis plus de quarante ans les lecteurs de Rock & Folk dans la rubrique «courrier» de leur mensuel favori. À cette question toute rhétorique, Robert Combas affirme apporter une réponse sans ambages à travers son œuvre : «ma peinture, c’est du rock», proclame-t-il en exergue de l’exposition que lui consacre actuellement le Musée d’Art Contemporain (MAC) de Lyon, justement intitulée Greatest Hits. Mais si la passion de l’artiste pour les blousons de cuir et les guitares électriques ne fait aucun doute, on a parfois du mal à saisir comment peinture et musique peuvent fusionner au-delà de l’hommage révérencieux et souvent platement illustratif (voir par exemple Les Garçons de la plage, clin d’œil aux Beach Boys).

Bien plus que la rock-star qu’il aurait sans doute rêvé d’être, Combas se révèle avant tout un imagier et coloriste sans pareil, qui poursuit obstinément depuis plus de trente ans l’aventure de la peinture figurative alors que tant d’artistes contemporains souhaiteraient la reléguer dans les poubelles de l’histoire de l’art. Si l’on excepte l’ajout du relief dans ses œuvres les plus récentes, son style et ses techniques de travail sont restés constants depuis ses débuts (au risque peut-être de lasser rapidement le visiteur, d’autant que plusieurs centaines de toiles sont exposées) : des couleurs vives, voire fluorescentes, un dessin qui envahit chaque millimètre carré de tableaux toujours très chargés, une influence évidente de la bande-dessinée et du pop art.

Chairs à nu

Tout comme ses comparses américains (on pense beaucoup à Keith Haring, auquel le MAC rendait justement hommage il y a quatre ans), Combas détourne et exalte les personnages de la culture populaire : ici Mickey Mouse, là un marin sétois sévèrement burné qui, comme le Querelle de Fassbinder, entend bien profiter de l’escale pour rendre visite aux filles de joie.

La chair, voilà la grande obsession de Combas, dont les toiles regorgent de corps nus et musculeux, que ce soit celui de soldats (les scènes de batailles sont l’un de ses sujets de prédilection) ou de ses compagnes. Une minuscule salle, dans un recoin de l’exposition, est d’ailleurs interdite aux mineurs : elle recèle une quantité impressionnante de dessins, croquis, collages de vagins béants, phallus dressés et sexe surdimensionnés. Pas sûr qu’en 2012 cela suscite encore une grande émotion chez le visiteur, mais le talent du dessinateur, son imagination et son érotisme débordant, eux, ne font aucun doute.

www.mac-lyon.com

 

 

Robert Combas

_25 mai 1957_ : naissance à Lyon.
_1975-1979_ : étudie aux Beaux-Arts de Montpellier.
_1979_ : crée avec Hervé di Rosa et Catherine Brindel la revue Bato.
_été 1981_ : invité avec Hervé di Rosa à exposer dans la galerie niçoise de l’artiste Ben, qui invente pour l’occasion le concept de « Figuration libre » auquel se rattachent Combas et di Rosa.
_1984_ : exposition au Musée d’art moderne de la Ville de Paris qui confronte les travaux des artistes de la « Figuration libre » des deux côtés de l’Atlantique.
_1988_1994_ : Combas visite abondamment églises et cathédrales et s’imprègne d’un certain mysticisme. C’est ce qu’il qualifie lui-même de « période spirituelle au premier degré« .
_2012_ première grande rétrospective consacrée à Combas au Musée d’Art Contemporain de Lyon.

 

 

Photo : Greatest Hits du monde de Robert Combas, 1986 © Adagp, Paris, 2011 

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