Un garçon parfait alain claude SulzerLes garçons parfaits, dans le roman d’Alain Claude Sulzer qui vient d’être édité en poche, se pressent et s’effacent, répondent à toutes les attentes mais se taisent.

 

Il n’en reste qu’un véritable spécimen, en 1966, au palace de Giessbach en Suisse. Ernest y travaille depuis plus de trente ans, aussi digne que discret, attentif aux désirs des clients. Le temps pour lui s’est arrêté lorsque Jacob, son collègue à la beauté insolente, son amant secret et passionné, l’a quitté pour Klinger, un célèbre écrivain allemand. Jacob était la fougue et le mouvement quand Ernest semblait appartenir au décor suranné de son établissement. Leur histoire aurait-elle pu finir autrement ? À l’occasion d’une lettre de Jacob, la première depuis leur séparation, les souvenirs d’Ernest entrent en ébullition. Jacob appelle à l’aide, il a besoin d’argent et conjure Ernest d’intercéder auprès de Klinger. Alain Claude Sulzer esquisse le portrait d’un homme droit, pour qui la routine et la précision sont les meilleurs remparts possibles face aux tempêtes intérieures. En nous invitant sur un îlot insensible au fracas du monde, cet hôtel au calme feutré, fréquenté par des hommes et des femmes qui ne parlent que tout bas, l’écrivain parvient à restituer le parfum d’une époque. Un Garçon parfait nous donne une sensation de cet environnement, comme une photographie abîmée, dont les sujets et leurs regards ambigus nous donneraient des indices sur leurs projets, leurs échecs et leurs désirs. Nous renseigneraient, aussi, sur les charmes et les misères d’un temps à jamais perdu.

Un Garçon parfait d’Alain Claude Sulzer (éditions Actes Sud / Babel)

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