Pas de thème fédérateur pour la Biennale de la Danse 2012, mais une affiche toujours aussi prestigieuse et une volonté d’ouverture sur le public prometteuse.

Pour cette Biennale de la Danse 2012, la première qu’ils codirigent, Dominique Hervieu, à la tête de la Maison de la Danse, et Mourad Merzouki, directeur du Centre chorégraphique national (CCN) de Créteil, originaire de Bron, ont décidé d’insister sur l’éclectisme qui a fait le succès de ce grand évènement, en ne donnant pas de thème à leur sélection. Si l’unité des choix s’en trouve brouillée, la Biennale se donne ainsi les moyens d’élargir un peu plus ses horizons.

Rillieux : past/present

La Biennale de la Danse 2012 sera l’occasion de découvrir les dernières créations des deux directeurs qui viennent de se succéder à la tête du CCN de Rillieux : Maguy Marin et Yuval Pick. Une manière de constater qu’Usain Bolt et ses acolytes ne sont pas les seuls à maîtriser le passage de relais. Ainsi, la Toulousaine, qui avait fait sensation lors de la dernière édition de la Biennale avec Salves, présentera dans la petite salle du Théâtre national populaire de Villeurbanne sa première pièce depuis son départ – volontaire – du CCN. Avec une équipe et des moyens réduits, Marin a voulu donner suite aux interrogations sur l’histoire et le temps présent qu’elle avait explorées dans ses spectacles précédents.

Dans un registre assez différent, Basics de Yuval Pick sera joué au Théâtre de la Croix-Rousse. Habitué aux créations pour de petites formations, le chorégraphe israélien propose là un spectacle pour sept interprètes, où la précision autour de l’accomplissement du geste – mouvements des bras, des jambes et des corps – doit mener à une réflexion sur la communication entre les êtres et les relations sociales. Un retour aux bases de la danse donc, qui permet d’interroger un thème éternel et universel.

Des classiques revisités

L’édition 2012 de la Biennale de la danse est aussi l’occasion de (re)découvrir des classiques de la danse, dépoussiérés par de jeunes chorégraphes. Ainsi, le groupe Rictus, sous la houlette de David Bobee, accueilli aux Subsistances, transpose le drame de Shakespeare, Roméo et Juliette, à l’époque contemporaine. Dans un spectacle mêlant à la fois le théâtre, la danse, le cirque et le hip-hop, le jeune metteur en scène explore la dimension politique de la pièce, s’intéressant particulièrement aux luttes fratricides entre Capulet et Montaigu. A l’heure des sanglants affrontements syriens, les interprètes d’origine arabe donnent aux vers shakespeariens des intonations d’une cruelle actualité.

De son côté, la Sud-Africaine Dada Masilo a trouvé l’inspiration dans Le Lac des Cygnes de Tchaïkovski. Le spectacle de la jeune chorégraphe qui sera joué à la Comédie de Valence soulève la question du genre au cœur du ballet classique. En remettant en cause les codes stricts de la danse classique, Masilo met à jour les mécanismes d’assignation de genre maintenus par ce type de représentations. Ainsi tente-t-elle de faire voler en éclats certains clichés, en faisant porter des tutus à tous les interprètes, hommes ou femmes, ou en faisant de Siegfried un prince homosexuel. En outre, la jeune femme n’hésite pas à métisser les chorégraphies et la musique d’influences africaines, proposant un spectacle où chaque élément est un appel à la tolérance et à la découverte de l’autre.

Strike the pose, n’en déplaise à Madonna

Alors que les ouvrages et les documentaires se multiplient sur le voguing, cette danse née dans les bals homosexuels de Harlem dans les années 60, la Biennale de la Danse 2012 accueille à l’ENSATT la dernière création de Cécilia Bengola et François Chaignaud. Les deux artistes, après une résidence à New York, se sont intéressés à cette danse identitaire très stylisée qui confine à l’abstraction. Dans la veine de Mimosa(s), leur précédent spectacle, ils se sont emparés des codes du «split and jump» pour rendre compte de la portée politique du voguing.

www.biennaledeladanse.com

 

Photo : Swan Lake de Dada Masilo © John Hogg

 

Off aussi
C’est aussi la quatrième édition de la biennale Off de la danse, organisée par le Croiseur. Un festival qui gagne en densité et en structuration puisqu’il présente une trentaine de compagnies en faisant la part belle au hip-hop (les vendredis soirs) et à la danse contemporaine (les week-end).
Les artistes de la région sont à l’honneur, parmi lesquels on peut citer Pierre Pontvianne (cie PARC), Sylvie Pabiot (cie Wejna), Jeanne Brouaye (cie Volta) et Aurélien Dougé (Inkörper compagny).
Du 14 au 30 septembre au Croiseur, 4 rue Croix Barret-Lyon 7 / 04.72.71.42.26 / www.scene-7.fr

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