D »Andrew J. Diamond, Romain Huret et Caroline Rolland-Diamond (éditions Fahrenheit)

«Quelle que soit votre opinion personnelle ou le malaise que peuvent vous inspirer l’homosexualité et les divers mouvements pour les droits des homosexuels et des femmes, il faut faire alliance avec eux de manière révolutionnaire». Ainsi s’exprime, en août 1970, Huey Newton, cofondateur du Black Panther Party, le mouvement noir révolutionnaire. Ses propos illustrent les liens entre le mouvement gay et ceux de la contre-culture américaine, dont le livre bilingue, proche du manuel universitaire, Révoltes et utopies : la contre-culture américaine des années 1960, retrace l’histoire. Au cours de ces «longues années soixante», la jeunesse se rebelle et conteste les valeurs de la classe moyenne américaine. Apparaissent la Nouvelle gauche, les beats, le «sex, drug & rock’n’roll», les activismes féministes ou noirs. Les formes traditionnelles de la contestation politique s’accompagnent d’une politisation de la vie privée. Avec le slogan «the personal is political», ces militantismes nouveaux veulent «donner au quotidien un sens et une portée politiques». La politique est pensée en termes de style de vie, comme une émancipation personnelle, à l’image du coming-out pour les gays. Le slogan «gay is good» est très proche du «black is beautiful» du Black Power ; les deux combattent la manière dont une société traite ses minorités. Les auteurs montrent combien les mouvements gays sont liés à ces utopies contre-culturelles. Mais ils rappellent également l’homophobie de certains hippies ou le malaise de la Nouvelle gauche envers les luttes gays, qui expliquent alors l’apparition de mouvements gays autonomes.

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