Avec Yossi, le réalisateur israélien Eytan Fox donne une suite émouvante à son très beau Yossi et Jagger (2002), qui racontait une histoire d’amour entre deux soldats de Tsahal.

C’est toujours émouvant de retrouver les hommes qu’on a aimés. On a toujours un peu peur de ce qui va se passer : a-t-il changé ? Sera-t-on déçu ? Et parfois oui. Et heureusement, souvent, non. C’est bien ce qui se passe avec Yossi, le héros si touchant du Yossi et Jagger d’Eytan Fox, ce militaire gay israélien dont l’amant mourait dans une embuscade. C’était il y a dix ans et c’est comme si c’était hier. Depuis 2002, Yossi a changé tout en restant lui-même.

Il a pris quelques kilos, bien sûr, il a quitté l’armée pour devenir médecin, mais il a toujours cette même mélancolie au fond du regard, cette même douceur dans l’apparence, cette même difficulté à être lui-même face aux autres qui le rend si attachant. Il a tenté de se reconstruire depuis la mort de son grand amour, mais il est toujours seul et rien ni personne n’arrive à lui redonner le sourire.

Lorsqu’il croise, dans le cadre de son métier, la mère de Jagger, ce sont des gouffres qui s’ouvrent sous ses pas. Il décide de partir quelques temps. Et là, peut-être, sur la route, le destin prendra pour lui la forme à nouveau d’un beau militaire, plus jeune, plus assumé dans sa sexualité et sa vie. Avec cette histoire, Eytan Fox confirme ce que l’on sait de son immense talent à saisir la vie, à raconter son pays et son évolution à travers celle de la place des gays. C’est très net ici encore, tout en ne passant jamais par le discours. C’est ce qui rend son cinéma tellement indispensable.

Yossi, d’Eytan Fox (Israël, 1h23), avec Ohad Knoller, Lior Ashkenazi…
En DVD chez Bodega Films

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