Maurice Vincent (PS) est maire de Saint-Étienne depuis 2008 et sénateur de la Loire depuis 2011.

Que vous inspirent les résultats du classement des villes les plus gay-friendly de France, effectué par les lecteurs du mensuel Têtu, dans lequel Saint-Étienne arrive 22e, en avant-dernière position ?
Je suis un peu étonné. Les critères sur lesquels reposent ces classements que l’on voit fleurir régulièrement dans la presse sont toujours sujets à caution ; celui-ci ne reflète pas la réalité et ne correspond pas à l’état d’esprit de l’ensemble de la population et encore moins de la municipalité à l’égard des personnes homosexuelles. Il y a à Saint-Étienne de nombreuses associations qui luttent contre l’homophobie et qui sont très actives ; le festival international du film gay et lesbien [Face à face, NdlR], qui a lieu chaque année au mois de novembre depuis sept ans maintenant, en est une preuve. Par ailleurs, les actions de la municipalité depuis 2008 sont toujours allées dans le sens de l’égalité des droits, de la reconnaissance et de la pleine participation des personnes homosexuelles à la vie de la cité.

Ce classement montre notamment que très peu de Stéphanois recommanderaient leur ville à une personne homosexuelle. Que pourriez-vous dire aux gays et aux lesbiennes pour les inciter à s’installer dans votre ville ?
Je leur dirais que Saint-Étienne est une ville conviviale et accueillante pour tous et qu’il règne dans notre cité une culture de la paix et de la solidarité qui ne se dément pas depuis des années et qui est reconnue par nos administrés. J’ai cru comprendre que les lieux gays et lesbiens étaient peut-être en nombre insuffisant dans notre ville ; mais je ne crois pas qu’il y ait une quelconque impossibilité de faire marcher un commerce gay ou lesbien à Saint-Étienne.

Le parrain du dernier festival Face à Face, Louis-Georges Tin, a récemment rencontré votre adjointe en charge des discriminations, Nadia Semache. Que peut faire une municipalité en matière de lutte contre l’homophobie ?
La présence d’élus dans les différentes manifestations organisées par des associations gays et lesbiennes est déjà, en soi, un signal. La mise en valeur de ces actions en est un autre. Et même si je souhaite bien sûr rester dans le cadre de la loi et donc ne pas célébrer de mariage entre des couples de même sexe tant que celle-ci n’aura pas évolué, nous avons mis en place, en septembre 2009, la possibilité de célébrer les Pacs en mairie. C’était une façon de donner aux Pacs une forme de solennité et de reconnaissance officielle, au-delà de la simple signature d’un acte juridique au palais de justice.

Et en matière d’aide (notamment financière) aux associations ?
Toutes les demandes de subventions sont examinées par nos services de la même façon, avec la même objectivité, en fonction de la nature et de l’importance du projet qui nous est soumis, de son intérêt pour la ville, etc. Pour moi, il est très important que le traitement soit identique pour toutes les associations, gays ou non.

En tant que sénateur, voterez-vous en faveur du projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe ? Pensez-vous, comme certains de vos collègues socialistes, qu’il faille y rajouter un amendement concernant la PMA ?
Je voterai cette loi, sans ambiguïté ni état d’âme, car je pense qu’il faut prendre acte des évolutions de notre société et les encourager quand celles-ci conduisent à faire reculer les discriminations. La question de la PMA, quant à elle, doit amener à une réflexion de fond sur la place des enfants et la capacité des femmes à procréer. Je me réserve le temps de cette réflexion avant d’arrêter ma décision le moment venu. Je n’ai pas eu le temps encore d’approfondir cette thématique et d’évaluer les conséquences d’une telle modification législative ; c’est justement le rôle du débat parlementaire que d’éclaircir ces questions.

 

Maurice Vincent

_1955_ : naissance à Saint-Étienne le 20 septembre
_1980_ : adhère au Parti socialiste (PS)
_1995_ : candidat aux élections municipales sur la liste de gauche conduite par le socialiste Gérard Lindeperg, il devient conseiller municipal d’opposition
_1997-2002_ : président de l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne
_2002_ : candidat aux élections législatives dans la deuxième circonscription de la Loire, il est battu par l’UMP Christian Cabal
_2004-2010_ : conseiller régional de Rhône-Alpes
_2008_ : élu maire de Saint-Étienne le 21 mars
_2011_ : élu sénateur de la Loire le 25 septembre. Apporte son soutien à François Hollande dans le cadre de la primaire visant à désigner le candidat du PS à l’élection présidentielle de 2012.

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