Que ce soit sur le mariage pour tous, la procréation médicalement assistée ou la gestation pour autrui, Gérard Collomb n’a jamais fait preuve d’une grande audace.

L’attitude réservée du maire de Lyon sur les thématiques LGBT a-t-elle galvanisé les opposants au projet de loi dans le Rhône ? Ou est-ce à l’inverse pour ne pas se mettre à dos un électorat qu’il juge majoritairement indifférent (voire hostile) à ces questions que le premier édile de la ville se montre si frileux ? Bien sûr, le sénateur Gérard Collomb avait fait part de son intention de voter le projet de loi présenté par la garde des Sceaux (le vote a finalement eu lieu le 12 avril à main levée, en l’absence d’un grand nombre de sénateurs). Mais il lui a fallu du temps pour se rallier à cette mesure : ce n’est qu’en septembre 2010, dans une interview à la chaîne nationale Pink TV, qu’il a annoncé avoir vaincu ses réticences initiales.

Gérard Collomb

En 2009, il avait ainsi refusé de se joindre à l’« appel de Montpellier » en faveur de l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels initié par sa camarade socialiste Hélène Mandroux et signé par une quarantaine d’édiles de gauche.

Une attitude compréhensive à l’égard des « antis »

Surtout, Gérard Collomb reste fermement opposé à la procréation médicalement assistée et à la gestation pour autrui, derrière lesquelles il voit poindre le risque d’une «marchandisation du corps»… comme La Manif Pour Tous. Dans un communiqué de presse envoyé à la veille de la première grande manifestation lyonnaise des antis, le 17 novembre, il s’était d’ailleurs montré très compréhensif à l’égard des opposants au projet de loi, pour lesquels, assurait-il, «il ne s’agira pas de manifester contre quelque chose, ni même de vouloir refuser au couple homosexuel de contracter un engagement devant la société, reconnu par la loi». Avant d’appeler le gouvernement à faire «évoluer la loi sans que puisse être choqué certaines consciences».

Quant à savoir s’il marierait des couples homosexuels… Interrogé à ce sujet sur Europe 1, le maire de Lyon a préféré botter en touche, rappelant que cette tâche était la plupart du temps dévolue aux maires d’arrondissement.

Sollicité à plusieurs reprises pour aborder ces sujets dans Hétéroclite, Gérard Collomb a toujours décliné nos invitations, son service de presse expliquant qu’«il ne souh[ait] pas s’exprimer» sur ces questions.

 

Photo de Une © Arthur Empereur

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