Si la cause des gays et lesbiennes a beaucoup progressé ces derniers mois avec le vote du mariage et de l’adoption pour tous, celle des transgenres est restée en arrière-plan des débats.

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Pour Delphine Ravisé-Giard, présidente de l’Association Nationale Transgenre (ANT), l’arrivée au pouvoir de François Hollande il y a un an n’a pas été synonyme de progrès pour les trans : «il y a eu des discussions fin 2012 avec le plan de Najat Vallaud-Belkacem pour les droits des LGBT, mais pas d’actions. La situation est la même que sous l’ère Sarkozy, que cela soit face aux tribunaux ou aux médecins». Les déclarations du candidat Hollande en 2012 allaient pourtant dans le bon sens : «il avait promis une loi qui reconnaîtrait la transphobie comme un motif de discrimination». Une loi a bien été votée en juillet 2012, qui a fait entrer dans le Code pénal la notion floue de discrimination en raison de l’«identité sexuelle». Hélas, au grand dam des associations trans, ce texte ne désignait pas clairement la transphobie ni l’identité de genre. Alors, pourquoi cet immobilisme ? «Le gouvernement n’est pas serein dans ses positions morales, il a peur de se tromper» soupçonne la présidente de l’ANT. Pourtant, la situation réclame des mesures urgentes, notamment concernant le changement d’état civil : «même si votre genre ne correspond pas à ce qui est marqué sur vos papiers, vous conservez la même carte d’identité. De ce fait, louer un appartement, postuler pour un emploi ou remplir un document administratif est très difficile pour les trans. C’est pourquoi nous demandons le changement d’état civil libre et gratuit. Si ça marche en Argentine, pourquoi pas ici ?». Le Sénat argentin a effet adopté à l’unanimité en mai 2012 un projet de loi permettant aux trans de choisir librement le genre inscrit sur leur fiche d’état civil sans fournir de documents médicaux. Un droit qui est par ailleurs inscrit dans un texte approuvé par la France au Conseil européen en 2010, mais qui n’a jamais été appliqué. La France pourrait donc faire rapidement avancer les droits des trans, mais seulement si la majorité présidentielle fait preuve de courage et de volontarisme.

Site de l’Association Nationale Transgenre :  www.ant-france.eu

Crédit photo :  François Noseda

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