Une «rage contenue», un «désir de mordre» traversent le Rapport contre la normalité. Le manifeste du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR), fondé à Paris en 1971, est aujourd’hui republié par les éditions GayKitschCamp.

rapport contre la normalité front homosexuel d'action révolutionnaire fhar 1971 éditions gaykitschcampBrisant le mur du silence et de la honte, les homosexuels révolutionnaires disent dans ce Rapport contre la normalité leur rage contre la société qui fait d’eux un «fléau social». Dans ces textes incisifs et violents, où se lit la double influence des féministes et des situationnistes, ils dénoncent les «hétéro-flics». Ils s’en prennent par exemple aux normes médicales, aux «docteurs en saloperies, psychiatres flics, psychanalystes racistes et autres chiens de garde édentés».

Mais le Rapport contre la normalité frappe surtout par sa violence à l’égard de la gauche. Au premier rang des hétéros-flics se trouvent ses militants, qu’ils soient du Parti communiste ou des groupes révolutionnaires trotskistes, maoïstes, etc. La majorité des textes s’adresse à «ceux qui se croient normaux» et qui empêchent les homosexuels de s’exprimer. Ceux qui, dans le meilleur des cas, font des luttes de libération homosexuelle une «lutte secondaire» par rapport à la lutte des classes, ou, au pire, cassent la gueule des homosexuels de leurs groupes.

«Les idéologies et les bureaucraties (staliniennes ou gauchistes) on s’en fout», affirment les membres du FHAR. Avant de décréter, en guise de conclusion : «quant à ceux qui continuent de prétendre parler et décider au nom et à la place de la classe ouvrière, qu’ils crèvent» !

 

Rapport contre la normalité par le Front homosexuel d’action révolutionnaire (éditions GayKitshCamp)

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