L’Opéra de Lyon ouvre sa saison avec Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc, une œuvre d’une intensité dramatique puissante et violente, d’une spiritualité toute sensuelle, d’une richesse musicale étonnante. Au début du XXe siècle, Debussy, Fauré et Ravel rivalisent d’idées musicales : pointillisme et inspirations exotiques en tous genres sont alors de bon ton. Poulenc, de son côté, suit une route toute singulière. Sa musique, peu académique, survole le siècle avec une fantastique liberté de ton. Il écrit aussi bien ses Trois mouvements perpétuels pour piano, qui accréditent l’image d’un compositeur plutôt léger, que son Stabat Mater profond et terriblement mystique. Du divertissement à l’austérité : c’est dans cette montée en puissance que Poulenc compose Dialogues des Carmélites en 1957, peu de temps après avoir été bouleversé par l’œuvre de Bernanos. L’action se déroule au couvent des Carmélites de Compiègne, au début de la Révolution française. Blanche de la Force, jeune aristocrate, entre au couvent pour fuir un monde dont elle a peur. Dans cet îlot de paix, la mère supérieure se meurt et est prise de doute pendant son agonie : la foi la quitte. La peur de Blanche de la Force s’amplifie. L’histoire collective s’emmêle à l’histoire individuelle pendant trois actes jusqu’au dernier tableau où les sœurs montent à l’échafaud en chantant le Salve Regina. Dans un répertoire où on le sait très à l’aise, le chef d’orchestre Kazushi Ono va très certainement offrir une lecture au plus près des intentions de Poulenc. Quant à la vision de Christophe Honoré sur l’œuvre, on l’attend goulûment. «Plus j’écoute Dialogues des Carmélites, plus je suis sûr que Demy et Legrand s’en sont inspirés…» avoue-t-il. Ce touche-à- tout réussit à nous prendre par les tripes au cinéma, à donner du sens à un théâtre qui sommeille et à écrire pour nos enfants des livres qui sont vraiment fait pour eux. Alors, pour sa première mise en scène à l’opéra, on se presse.

Dialogues des Carmélites, du 12 au 26 octobre à l’Opéra de Lyon, 1 place de la Comédie – Lyon 1 / 04.69.85.54.54

Photo : Christophe Honoré

 

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Le final de l’opéra de Poulenc

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