La photographe et réalisatrice Émilie Jouvet publie un ouvrage retraçant son travail depuis dix ans.

émilie Jouvet The Book editions womart heteroclite mai 2014 1Voilà dix ans qu’Émilie Jouvet réalise et expose des photos dans le monde entier : Bruxelles, Paris, Arles, Copenhague, San Francisco ou encore Tokyo. L’heure était donc venue de réunir son travail photographique en un seul livre. Mais comment choisir 200 photos parmi plus de 6 000 clichés ? «Cela m’a demandé un long travail de présélection. Quand je suis arrivée à 400 photos, je les ai toutes mises sur un mur et j’ai choisi les plus marquantes, celles qui accrochaient encore le regard, même des années plus tard». Et c’est bien de regard dont il s’agit, d’un regard sur le monde et sur ses normes, sur celles et ceux qui veulent les contourner.

Émilie Jouvet joue les ambassadrices du queer depuis ses débuts de réalisatrice : son premier long-métrage, One Night Stand, explorait les sexualités lesbiennes et queer, les corps lesbiens et transgenres. Avec ce film, elle bouleversait les codes du porno et proposait une lecture sex-positive du féminisme, pour que les femmes ne restent pas bannies de leur propre sexualité, qu’elles se la réapproprient et en créent leurs propres représentations. En ce sens, The Book est bien, une fois de plus, une œuvre profondément politique.

Le queer à fleur de peau

La politique, pourtant, n’empêche pas les sentiments. Car parmi les modèles avec lesquels Émilie Jouvet travaille, les trois quarts sont des proches, des ami(e)s ou des amantes. Et c’est là que la sensibilité de la photographe entre en jeu : le rapport de domination est absent de ses photos et les codes de l’hétéro-sexisme explosent en plein clic. On ressent ainsi une réelle complicité entre la photographe et ses modèles (parmi lesquels figurent quelques garçons). Dès lors, même si «un livre est un ensemble, avec un sens et un ordre», The Book devient journal intime, explorateur de celles et ceux qui souhaitent sortir du processus de normalisation et vivre pleinement le mouvement queer.

En interrogeant l’intime et en revisitant les archétypes de sa représentation, Émilie Jouvet montre les corps comme des outils de résistance et des champs de tous les possibles. Espérons que la France continue à accueillir son travail comme il se doit : depuis l’année dernière, Émilie Jouvet, comme beaucoup, constate que «l’homophobie et le sexisme ont été dévoilés au grand jour». Vivant entre Paris, Bruxelles et Berlin, la réalisatrice avoue sans complexe ne pas du tout retrouver «cet esprit-là, très fermé, dans les pays d’Europe du Nord». Quand elle sort de France, «c’est vraiment un bol d’air».

 

The Book d’Émilie Jouvet (éditions Womart)

 

 

Émilie Jouvet à Lyon

Invitée à Lyon samedi 10 mai par la soirée Disconnexion, la réalisatrice et photographe sera présente au LiveStation-DIY (où l’on pourra bruncher à partir de midi) dès 15h pour dédicacer The Book. C’est là qu’on retrouvera Dj Lilly aux platines pour un before de la soirée à partir de 17h. Mais la Disconnexion débutera véritablement à 21h, au Quai des Arts (le restaurant des Subsistances, qui accueille la soirée depuis sa première édition en septembre 2013), avec un concert du groupe de rock Jina, suivi du désormais traditionnel show de Jessica l’Ange et du Dj-set de Dj Savage et Anne-Lo B.

LiveStation-DIY, 14 rue de Bonald-Lyon 7 / 04.26.01.87.39 / www.livestationdiy.com
Quai des arts, 8 bis quai Saint-Vincent- Lyon 1 / 04.72.00.97.36

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