Emmanuel est président d’Euro’Idol, une association créée à Lyon et qui regroupe des fans de l’Eurovision à travers toute la France.

«En mai, fais ce qu’il te plaît». Fidèle à l’adage, Emmanuel observe ainsi religieusement, chaque mois de mai, un rituel qui peut sembler étrange aux yeux des profanes mais qui est pour lui une véritable passion : il regarde l’Eurovision. Et pas seulement depuis son salon : aussi souvent que ses finances et son travail le lui permettent, il prend son billet d’avion pour se rendre dans la ville-hôte. Un vrai fan, on vous dit. À tel point qu’il préside une association qu’il a fondée en 2012 à Lyon et qui regroupe aujourd’hui une trentaine de mordus de ce concours qui a lieu chaque année sans discontinuité depuis 1956. Euro’Idol, c’est son nom, offre ainsi un espace de solidarité et d’échange à des fans français qui, parfois, peuvent légitimement se sentir un peu seuls.

«Les Français montrent en général peu d’intérêt pour ce concours», soupire Emmanuel, «tout simplement parce qu’ils ne l’ont pas remporté depuis 1977 [avec L’Oiseau et l’enfant, chanté par Marie Myriam, NdlR] ! » Serions-nous un peuple de mauvais perdants ? «Les Suédois, eux, ont une véritable culture de l’Eurovision. Chez eux, la retransmission de la finale fait 80% des parts d’audience», poursuit-il, non sans une pointe d’envie.

L’Eurovision, un complot du lobby gay ?

Mais au fait, l’Eurovision, avec ses costumes, ses paillettes, ses travestissements, son esthétique kitschissime, ne serait-ce pas encore une invention démoniaque du lobby LGBT pour pervertir nos enfants et leur inculquer subrepticement l’idéologie du djendeur ? «C’est vrai que nous sommes une majorité de gays à Euro’Idol», sourit Emmanuel. «Ce concours colle assez bien à une certaine image de la vie gay nocturne, festive et décalée. Et peut-être les homos sont-ils plus réceptifs à la sensibilité que doit dégager une bonne chanson de l’Eurovision… Mais ce que nous voulons avant tout, c’est dé-ghettoïser ce grand événement culturel pour le transmettre à tout le monde».

Pour cela, les adhérents d’Euro’Idol prévoient déjà d’enregistrer en septembre prochain une vidéo sur l’une des chansons concourant pour l’édition 2014 de l’Eurovision. Il faudra bien ça pour remonter le moral des fans français tant nos chances de gagner semblent, cette année encore, proches du néant : la France sera en effet représentée le 10 mai par un improbable trio mêlant électro, rock et hip-hop, répondant au doux nom de Twin Twin (cf. photo ci-dessous) et dont la chanson, Moustache, présente de troublantes similitudes avec le tube de Stromae Papaoutai… Haut les cœurs quand même !

Le groupe Twin Twin heteroclite mai 2014 Euro'Idol eurovision

Eurovision, samedi 10 mai sur France 3

3 Réponses à “Euro’Idol, une association pour les fans de l’Eurovision”

      • Lyon69

        C’est dommage, je suis lyonnais et fan de l’Eurovision, une association de ce genre m’aurai Intéressé !

        Pourtant le gérant en 2015 avait fait des interviews dans des radios pour commenter l’Eurovision

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