La folkeuse Alela Diane passe par Lyon pour un concert à la salle Rameau jeudi 12 juin. Retour sur les débuts d’une jeune artiste moins tournée vers le passé qu’il n’y paraît.

Le mouvement folk a la cote. Et tout ce qui va avec aussi : la chemise à carreaux, les cheveux emmêlés par le vent d’ouest et la guitare sèche dans le dos. Voici qu’on marche sur les routes poussiéreuses d’une Amérique fantasmée. Alela Diane s’inscrit dans ce revival, mais échappe aux clichés.

Elle a tout juste vingt ans lorsqu’elle distribue à la fin de ses concerts un album auto-produit intitulé The Pirate’s Gospel. Quatre ans plus tard, en 2007, ce même album retravaillé et peaufiné devient la révélation folk de l’année.Cette pépite est alors réédité par Fargo, un label français indépendant et dénicheur de vrais talents, en particulier du côté des songwriters. The Pirate’s Gospel, c’est un folk rudimentaire, dépouillé et sensible réalisé avec beaucoup de soin et de précautions, loin de l’ambiance vinyle qui craque et chansons pour gentleman farmer. Succès immédiat : Alela Diane entame de très belles tournées tout en préparant un deuxième opus, To Be Still, sorti en 2009.

Un deuxième disque qui évite intelligemment la répétition

Après un premier disque épuré à l’extrême, comment ne pas se répéter ? Alela Diane renonce au dépouillement et nous surprend avec un album orchestré où l’on croise des violons, des percussions, un banjo et même un duo (sur le titre Age Old Blue) avec le guitariste et chanteur américain Michael Hurley qui se charge des harmonies. Elle est y donc moins seule et même bien accompagnée, puisque son père et ses amis (ainsi que Otto Hauser de Vetiver) participent à l’album. L’album contient onze titres et autant d’univers différents : des morceaux psyché-folk typiquement hippie, des sonorités folkloriques et des morceaux d’americana pur jus.

alela diane heteroclite 2

Plus lumineux, plus rythmé, sans filtre sépia, il laisse entrapercevoir une artiste ouverte et en pleine expansion. Le reste de l’aperçu, c’est sur scène qu’il se dévoile. Alela Diane est l’écho des civilisations perdues, des pionniers, des hobos, des chercheurs d’or. Son talent se déploie progressivement, elle diffuse une émotion, une nostalgie. Bien que la couleur folk renvoie au passé, l’univers et l’énergie d’Alela Diane sont profondément actuels et modernes.

 

Alela Diane, en concert jeudi 12 juin à 20h30 à la salle Rameau, 29 rue de la Martinière-Lyon 1 / www.facebook.com/aleladianemusic

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