Dans son nouveau spectacle, le premier depuis huit ans, Muriel Robin parle de tout, et même de son homosexualité jusque-là plutôt discrète…

 

muriel robin revient tsoin tsoin heteroclite novembre 2014 lyon copyright Marianne Rosensthiehl

Robin revient… mais c’est une autre Muriel que l’on découvre sur scène. Exit la petite boule de nerfs aux cheveux rouges qui s’agace sur un répondeur ou pour une addition ; place à une belle quinqua, sereine et heureuse d’être là. Son plaisir à retrouver la scène est sincère, il se voit et c’est touchant. En huit ans d’absence, il s’en est passé pour Robin. «Vous vous demandiez où j’étais ? Et bien, je vais tout vous raconter». Ainsi débute le spectacle dans lequel l’humoriste se dévoile enfin. Ce one-woman-show autobiographique fait le bilan de son absence, de ses années passées couchée sur un divan et traite aussi de la terrible maladie dégénérative de sa mère. La parole se libère et Muriel Robin nous fait part de son introspection, de son enfance à Saint-Étienne, du manque de tendresse au sein de sa famille («à huit ans, j’aurais aimé au minimum une poignée de main de mes parents»), de son passé d’enfant bricoleuse, fille de commerçants qui travaillaient beaucoup au black y’a prescription maintenant ?»). Elle parle de tout, même de son homosexualité jusqu’à présent plutôt tue. Robin revient (tsoin-tsoin), c’est le titre exact de ce nouveau spectacle et le fameux «tsoin-tsoin», accolé comme un sous-titre, a son importance : c’est là sa marque de fabrique, cette onomatopée grotesque qui rythmait ses sketchs passés. Muriel est de nouveau sur les planches avec ses techniques de comique bien à elle, avec sa touch qui a fait d’elle la marraine de beaucoup d’humoristes d’aujourd’hui (Florence Foresti notamment). Elle a beau être apaisée et heureuse, c’est encore et toujours la mauvaise foi qui domine son spectacle (son running gag sur les expressions de la langue française qu’elle fait mine de ne pas comprendre est à mourir de rire), mêlée à beaucoup de décibels et d’autodérision. Muriel Robin ne nous fait pas le coup du spectacle de la maturité. Si celui-ci est de loin le plus sensible, le plus touchant qu’elle ait pu faire, il n’en reste pas moins un show hilarant, mené par une pitre tonitruante qui réussit à faire pleurer son public – mais les larmes, pour la première fois, ne sont pas que de rire.

Muriel Robin le 3 décembre au Radiant-Bellevue, 1 rue Jean Moulin-Caluire / 04.72.10.22.19 / www.radiant-bellevue.fr

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