L’essayiste, romancier et militant homosexuel Guy Hocquenghem, disparu en 1988, fait dans La Beauté du métis l’éloge de l’autre, de l’étranger, au détriment d’une « france » qu’il rejette avec violence.

guy hocquenghem la beauté du métisÀ leur tour, les éditions Serge Safran sortent de l’oubli un livre de Guy Hocquenghem, La Beauté du métis, publié en 1979 et dont l’emportement semble plus que jamais nécessaire. Contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, il n’est pas une idéalisation exotique et une essentialisation de l’étranger, qui ne seraient que la face progressiste du racisme. Il est plutôt un éloge du métissage comme manière de s’en prendre à la «france» (à laquelle la majuscule est refusée), pays étroit et fermé, prétentieux et suffisant. Traquant la «francité» qui «sacre l’hexagone comme foyer des civilisations, et la française comme civilisation des civilisations», La Beauté du métis invite à «décliner notre nationalité comme on décline une invitation», à «refuser d’être français, refuser de vivre à l’ombre de la majuscule étatique».

 

La Beauté du métis de Guy Hocquenghem (éditions Serge Safran)

 

Photo © Sophie Bassouls / Sygma

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