La Lesbian and Gay Pride (LGP) de Lyon, association organisatrice de la Marche des Fiertés LGBT lyonnaise, est furieuse contre la préfecture : celle-ci a autorisé, lundi  8 juin, une manifestation anti-GPA à se dérouler dans le Vieux Lyon, alors même que cette autorisation a été refusée à la LGP.

Samedi 20 juin se déroulera la vingtième édition de la Marche des Fiertés LGBT de Lyon. Bien que l’heure soit à la fête, certain-e-s sont d’humeur plutôt moroses au sein de la Lesbian and Gay Pride (LGP) de Lyon, l’association organisatrice. Il y a plusieurs mois, celle-ci avait accepté, à la demande de la préfecture du Rhône, de ne pas faire passer la Marche par le Vieux Lyon : les autorités auraient alors affirmé aux militants que plus aucune manifestation n’était autorisée dans ce quartier aux rues étroites, bastion des identitaires lyonnais.  Or, lundi 8 juin, la branche lyonnaise de La Manif Pour Tous a pu organiser un rassemblement anti-GPA quai Romain Rolland. D’où la colère de la LGP, qui considère que l’État abandonne ce quartier « aux mains de l’extrême-droite la plus radicale« .

La LGP promet de faire passer la Marche dans le Vieux Lyon en 2016

L’association estime que la préfecture accepte sans ciller la main mise de ces extrémistes sur le Vieux Lyon et refuse de se voir imposer des no-go zones sur le trajet de la Marche, qui prône « les valeurs de notre pacte républicain« . La LGP ne modifiera cependant pas à la dernière minute l’itinéraire prévu pour ne pas « prendre en otage les organisations et les manifestant.e.s« . Mais elle prévient la préfecture : en 2016, la Marche des Fiertés LGBT passera par le Vieux Lyon, avec ou sans l’accord du préfet. La LGP se dit même prête à saisir la justice si, en 2016, elle se voit à nouveau interdire de faire passer la Marche par le cinquième arrondissement.

Gay pride Privée de vieux lyon

La présidente de la LGP, Edwige Marty, estime que « dans notre République, l’État ne peut tolérer des no-go zones pour les LGBT. Nous tenons à rappeler notre attachement au respect inaliénable de la liberté de manifester pourtant bafouée à Lyon« . La LGP rappelle par ailleurs que de nombreux rassemblements ont lieu dans le Vieux Lyon : « chaque année, le 8 décembre, la préfecture du Rhône laisse ainsi « Les Petits Lyonnais » (alias Rebeyne) manifester dans [le 5ème] arrondissement. »

Les justifications de la préfecture

Autre son de cloche du côté de la préfecture qui se dit « surprise » de la réaction de la LGP. Selon elle, le trajet de la Gay Pride a été négocié longuement et cordialement avant d’être accepté par les organisateurs. Si il évite le cinquième arrondissement, c’est avant tout pour des raisons de sécurité : le Vieux Lyon est en effet un des quartiers les plus touristiques de la ville, extrêmement fréquenté le samedi après-midi. Selon la préfecture, le cortège y gênerait la circulation. De plus, les chaleurs estivales et l’étroitesse de certaines rues du quartier rendent tout mouvement de foule risqué.

La préfecture affirme « avoir conscience » de la présence de groupuscules d’extrême-droite dans le quartier et jure avoir toujours fait le nécessaire pour y limiter les agressions. Elle estime également n’avoir pas opéré une différence de traitement en acceptant le rassemblement de La Manif Pour Tous dans le Vieux Lyon car celui-ci n’a attiré qu’environ 500 participants (1 000 selon les organisateurs), alors que la Marche des Fiertés LGBT devrait rassembler quelque 18 000 personnes. Elle aurait donc occasionné une gêne pour la circulation dans le cinquième arrondissement beaucoup plus importante. Ainsi, l’autorisation du rassemblement anti-GPA aurait été délivrée « non pas selon des critères de fond, mais de forme« .

Des élus solidaires de la LGP

Les militant-e-s des droits LGBT ne sont heureusement pas personae non gratae dans le Vieux Lyon : vendredi 12 juin, la LGP a pu officiellement ouvrir la Quinzaine des cultures LGBT aux musées Gadagne. Lors de la soirée (qui a connu une affluence record, au point que certaines personnes ont du être refoulées à l’entrée par manque de place), plusieurs élus l’ont d’ailleurs assurée de leur soutien et ont déploré la décision de la préfecture : Georges Képénékian (premier adjoint au maire de Lyon), Thomas Rudigoz (maire du cinquième arrondissement) et Yann Crombecque (conseiller régional). De quoi mettre un petit peu d’arc en ciel dans les rues pavées du cinquième arrondissement…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.