Effacer la mention du sexe à l’état civil, est-ce une utopie ?  Une croisade farfelue contre des moulins à vent ? Une idée saugrenue et inapplicable ? Thierry Hoquet entend démontrer que non dans Sexus nullus ou l’égalité.


 

thierry hoquet sexus nullus ou l'égalité editions ixe heterocliteLa mention du sexe à l’état civil ne sert à rien, alors supprimons-la ! Telle est la thèse développée par Thierry Hoquet dans son roman Sexus nullus ou l’égalité. Son Candide à lui, c’est Ulysse Riveneuve, candidat à la présidence de la République, bien décidé à conquérir l’Élysée avec cet unique projet, moins provocateur que révolutionnaire, moins fantaisiste que réaliste. Persuadé qu’en le mettant en œuvre, tout sera au mieux dans le meilleur des mondes, notre «Don Quichotte de l’épicène» (sont dits épicènes les noms qui ne sont pas genrés grammaticalement et s’utilisent donc aussi bien au féminin qu’au masculin) part à la rencontre des Français-es afin de les convaincre de l’applicabilité de sa proposition. Fidèle au genre littéraire du conte philosophique, le récit recourt à un comique caricatural pour mieux révéler les absurdités de notre monde binaire, les inégalités qu’il engendre, les potentialités qu’il réprime. Ainsi, les épreuves s’enchaînent pour Ulysse Riveneuve : une caillette (pâté de Drôme et d’Ardèche) lancée en pleine face par des virilistes, quelques intentions de vote dérobées à la candidate du Parti bio, Genitrix Léguminosa, les railleries des «femmes à serre-têtes» du PTT (le Parti pour tous) et de «leur sainte patronne» Christine Boudin, la chute de sa côte de popularité après son passage sur Le Grand Plateau… Mais derrière ce qui semble être une vaste blague, l’auteur montre comment sa proposition pourrait être appliquée sans peine ni difficulté, quel que soit le domaine considéré : religion, médecine, droit, biologie, sexualité… Mieux encore, elle serait une solution pour rendre paradoxalement visibles les différences, pour établir l’égalité des sexes, pour repenser les normes. Cette idée aussi philosophique que politique laisserait place à la diversité, à l’enrichissement, à la complémentarité des êtres humains, sans que ceux-ci soit étiquetés, de façon métonymique, en fonction de leur vulve ou de leur phallus. Repoussant les craintes des partisan-e-s du statu quo, Thierry Hoquet démontre que cette réforme serait la garantie d’un éclatement polymorphe d’identités et de libertés grâce auquel «toustes ensemble, nous serions l’Humanité».

Sexus nullus ou l’égalité de Thierry Hoquet (éditions iXe)

Rencontre avec Thierry Hoquet pour Sexus nullus ou l’égalité, mercredi 18 novembre à la librairie Le Bal des Ardents, 17 rue Neuve-Lyon 1 / 04.72.98.83.36 / www.lebaldesardents.com

 

Biographie
Thierry Hoquet est docteur en philosophie, spécialisé dans la philosophie des Lumières et des sciences naturelles. Après avoir enseigné de 1999 à 2012 à l’Université de Paris X Nanterre, il est aujourd’hui professeur de philosophie à l’université Lyon III. Sa réflexion porte notamment sur le genre. Il a publié récemment Cyborg philosophie : penser contre les dualismes (éditions du Seuil, 2011) et La Virilité. À quoi rêvent les hommes ? (éditions Larousse, 2009).

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