Georgia O’Keeffe credit Georgia O’Keeffe Museum - ADAGP, Paris 2015

 

L’Américaine Georgia O’Keeffe (1887-1986) est l’une des peintres modernistes les plus importantes du XXe siècle. Mais elle n’avait jamais fait l’objet d’une exposition monographique en France jusqu’à cette année… C’est désormais chose faite grâce au Musée de Grenoble, qui s’intéresse plus particulièrement à l’influence qu’a eu l’art photographique sur la peinture d’O’Keeffe. Quatre-vingt œuvres de l’artiste (connue notamment pour ses tableaux réalistes de fleurs et de hauts buildings) dialoguent ainsi avec des clichés pris par des amis et des proches de cette femme qui a côtoyé, a inspiré et s’est inspirée d’une bonne partie de l’intelligentsia bohème américaine des Années folles.

 

En consacrant une exposition à Georgia O’Keeffe, le Musée de Grenoble souhaite mettre en avant une artiste américaine largement méconnue en dehors de son pays natal, à travers un parcours chronologique et thématique qui permet d’appréhender les différentes périodes de son œuvre. Née en 1887 dans le Wisconsin, O’Keeffe développe d’abord une peinture influencée par l’abstraction pure, héritée des arts décoratifs et théorisée par Arthur Wesley Dow, professeur au Teachers College de l’Université de Columbia. Sa rencontre, en 1916, avec le galeriste et photographe Alfred Stieglitz (qui deviendra son époux) contribue à faire connaître et reconnaître ses tableaux, comme le très beau et très profond Black Abstraction (1927) et d’autres œuvres dont les formes et les éclatants aplats de couleurs annoncent à plusieurs reprises la série de peintures florales à laquelle son nom est aujourd’hui le plus souvent associé. Car O’Keeffe s’oriente ensuite peu à peu vers une peinture plus figurative, sous l’influence de la straight photography, dont Stieglitz est un des initiateurs avec les photographes Paul Strand, Edward Weston, Ansel Adams et le groupe f/64. De cette époque date une série de fascinantes vues urbaines magnifiant les gratte-ciels de New York. Après la mort de Stieglitz en 1946, elle s’installe dans le désert du Nouveau-Mexique et retourne à une certaine abstraction, notamment dans une dernière série de ciels. Il y a donc là, pour le visiteur, une œuvre riche et variée à découvrir. Mais on est parfois frustré de voir la photographie supplanter la peinture à force de parallèles et d’études d’influence entre les travaux d’O’Keeffe et ceux de «ses amis photographes». L’artiste se retrouve ainsi inféodée à ses collègues masculins, alors qu’on aurait largement préféré mieux découvrir certaines séries, parfois sous-représentées.

 

Jusqu’au 7 février au Musée de Grenoble, 5 place de Lavalette-Grenoble / 04.76.63.44.44 / www.museedegrenoble.fr

Photo et peinture © Georgia O’Keeffe Museum – ADAGP Paris 2015

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