Alors que la Canadienne Peaches s’apprête à fouler la scène de l’Épicerie moderne, retour sur sa discographie, sa vie, son œuvre, ses vulves.

The Teaches of Peaches (2000) : les origines

the-teaches-of-peachesIl faut attendre la dernière année du XXème siècle pour qu’on découvre la possibilité de ressentir du plaisir sexuel avec des infrabasses. Elles vrombissent dans nos bas-ventres pendant que des textes crus, saignants et sans aucune censure sont chantés par syllabes et par gémissements. Avec un album minimal, presque squelettique, Peaches (c’est le premier disque sur lequel Merrill Nisker utilise ce nom de scène) impose la jouissance sans entrave pour tou-te-s, questionne le genre, le corps, les hommes, les femmes et ce qui constitue le pouvoir dans notre société. Le style est posé.

À écouter : Fuck The Pain Away, titre représentatif de ses débuts.

 

Fatherfucker (2003) : le plus radical

peaches-fatherfuckerLa chanteuse n’est pas là pour faire joli, ni pour draguer nos oreilles : elle est ici radicale comme elle ne le sera jamais plus. C’est une destruction totale de la mélodie, un bourdonnement général, la répétition ad nauseam des textes, l’anéantissement de la musicalité, l’électroclash dans toute sa quintessence. Un seul thème abordé : le sexe. Les titres sont lapidaires, mécaniques et froids.

À écouter : I Don’t Give A…, sample de Joan Jett d’une minute et vingt secondes, sorte de mise en abyme punk.

 

Impeach My Bush (2006) : la période bling-bling

impeach-my-bush-peachesPeaches insuffle groove et souplesse dans cet album enregistré à Los Angeles, jongle avec les genres musicaux mainstream américains et se la joue R’n’B, grosse guitare, rock FM, métal ou hip-hop old school. C’est l’Amérique : tout est plus, tout est trop, tout est permis et on y va à cœur joie. La sensualité est ici peut-être plus ondulante que carnassière, sans que les textes ne perdent de leur mordant.

À écouter et voir : Downtown.

 

I Feel Cream (2009) : le plus décevant…

i-feel-cream-impeach-my-bush… pour les puristes, mais le seul écoutable pour les autres ! C’est en tout cas le moins radical et celui qui a le plus déçu. L’album ressemble malheureusement beaucoup trop à Gossip (en témoigne le titre Talk To Me, seul véritable tube de Peaches à ce jour). C’est évidemment son œuvre la plus accessible, la plus mainstream et même la plus glamour. Peaches chante vraiment, les arrangements gazouillent et scintillent. On cherche un peu la provoc’ à laquelle nous étions habitué-e-s. Elle a osé. Voilà, c’est fait.

Morceau à sauver : More.

 

Rub (2015) : retour au confort

peaches-rubLe sexe tout cru et le minimalisme sont de retour et on se délecte de cette grosse promo faite de clips bourrés de partouzeuses et de vulves de partout. Peaches revient aux origines, dans sa zone de confort. On aurait peut-être souhaité une prise de risque plus grande pour son premier album sur son propre label et surtout six ans après le précédent. Rub ne déroute ni n’exalte, mais procure un grand soulagement : Peaches est de retour !

À écouter et voir : Vaginoplatsy et Rub

 

Peaches, mardi 29 novembre à l’Épicerie moderne, place René Lescot-Feyzin / 04.72.89.98.70 / www.epiceriemoderne.com

2×2 invitations à gagner en envoyant vos nom et prénom à redaction@heteroclite.org (objet : Peaches).

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