Les rééditions du Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde et de La Montagne magique de Thomas Mann jette une nouvelle lumière sur ces deux chefs-d’œuvre.

Et ce sont deux géants qui renaissent. Deux statues magnifiques qui s’ébranlent à nouveau. Deux génies, deux chefs-d’œuvre et c’est toute notre histoire qui se réécrit. Il y a de la grandiloquence, bien sûr, à dire les choses ainsi, et pourquoi pas quand c’est la réalité ? Car que dire d’autre d’Oscar Wilde et de Thomas Mann, et de leurs œuvres majeures, ce Portrait de Dorian Gray et cette Montagne magique qui nous reviennent, transformés et rendus plus essentiels encore par de nouvelles éditions ?

Un Portrait beaucoup plus cru

oscar wilde-le-portrait-de-dorian-gray-non-censure-les-cahiers-rouges-editions-grassetLe cas le plus spectaculaire est sans doute celui du Portrait, que l’on découvre enfin, 125 ans après sa parution, dans sa forme originelle, d’avant la censure des éditeurs et l’autocensure de Wilde. Est-ce un autre livre qui se révèle ? Évidemment non, mais un roman infiniment plus direct, plus cru, où le désir du peintre pour son beau modèle se dit de façon moins contournée. Un livre encore plus scandaleux que ne le fut à l’époque la version publiée, dont un journaliste pouvait alors écrire qu’il était «un livre toxique dont l’atmosphère est pleine des odeurs méphitiques de la putréfaction morale et spirituelle».

la-vie-et-les-confessions-doscar-wilde-editions-la-derniere-goutteCette résurrection wildienne s’accompagne d’autres, en marge de l’exposition parisienne qui lui est consacrée, comme celle du formidable portrait que dresse de lui son ami l’écrivain Frank Harris dans un gros volume republié après des décennies d’oubli : La Vie et les confessions d’Oscar Wilde.

 

 

la-montagne-magique-nouvelle-traduction-thomas mann-editions-fayardQuant à La Montagne magique, sa nouvelle et brillante traduction vient enfin débarrasser ce grand roman du temps qui passe de l’aspect désuet et poussiéreux de la précédente. Le travail magistral de Claire de Oliveira nous permet d’escalader avec aisance ce texte sidérant de 1924 dans lequel le futur Prix Nobel de littérature raconte l’histoire d’un jeune ingénieur, Hans Castorp, parti rendre visite à son cousin dans un sanatorium dans lequel il va abandonner tous ses repères.

 

Mann… Wilde… Wilde Mann… Comme un jeu de mots fondamental.

 

Le Portrait de Dorian Gray (non censuré) d’Oscar Wilde (éditions Grasset)
La Vie et les confessions d’Oscar Wilde de Frank Harris (éditions La Dernière Goutte)
La Montagne magique de Thomas Mann (éditions Fayard)
Oscar Wilde, l’impertinent absolu, jusqu’au 15 janvier au Petit Palais, avenue Winston Churchill-Paris 8 / 01.53.43.40.00 / www.petitpalais.paris.fr

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