Fasciné par le monde des cabarets, Pablo vit son homosexualité dans le plus grand secret, surtout vis-à-vis de son père. Jusqu’au jour où il est victime d’une agression homophobe d’une hallucinante violence… Tragédie à la mise en scène très tranchante, Plus jamais seul n’est pas de ces films qui s’oublient facilement. Rencontre avec son réalisateur, Alex Anwandter.

Lorsque l’on voit Plus jamais seul, on a le sentiment que c’est extrêmement difficile d’être un adolescent gay au Chili…

Alex Anwandter : Oui, c’est dur. Le scénario est inspiré d’un véritable meurtre très brutal survenu en 2012. Bien sûr, il faut nuancer. Si vous êtes un ado bourgeois d’apparence «normale», vous êtes plus en sécurité. Par contre, si vous êtes un jeune trans pauvre, vous êtes beaucoup plus vulnérable à la violence physique. Bien qu’il existe toujours au Chili une discrimination légale (il n’y a pas de mariage pour les couples de même sexe, par exemple), le principal souci pour moi tient au climat de machisme qui règne et aux valeurs conservatrices qui dominent toujours.

D’une certaine manière, puisque Pablo est dans le placard jusqu’à ce qu’il subit, Plus jamais seul apparaît comme un coming out tragique…

Alex Anwandter : Selon moi, le centre du film est plus le père que l’adolescent. C’est une façon de dire : le garçon n’a rien fait de mal, mais à la lumière de ce qui lui arrive, regardons le contexte sociétal et d’abord cette figure du père qui avait le devoir de le protéger et de l’éduquer…

Vous avez présenté votre film devant de nombreux jeunes spectateurs. Diriez-vous qu’il y a eu des réactions différentes entre jeunes homos et jeunes hétéros ?

Alex Anwandter : Les gays, tous âges confondus, ont été très touchés par le film, parfois intimement. Car si vous êtes gay au Chili, vous avez probablement été victime de discrimination ou d’insultes. Ce que j’ai trouvé intéressant, ce sont les différences de réactions entre jeunes hétéros et spectateurs plus âgés. Ces derniers avaient plus de difficultés à accepter des «images gays» ou celles de sexualité gay. Ils me demandaient si c’était nécessaire, ce qui ne serait jamais arrivé pour un drame hétéro. Leurs vies sexuelles sont visibles alors que les nôtres sont invisibles. Les jeunes hétéros étaient plus tolérants et je trouve cela porteur d’espoir.

 

Plus jamais seul de Alex Anwandter. Sortie le 3 mai.

À Lyon (en VO) au Cinéma Opéra (6 rue Joseph Serlin 69001 Lyon)
Horaires (17 au 23 mai inclus) : Jeu 17h – ven 18h50 – sam 15h35 – lun 22h

www.alexanwandter.com

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