Le duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen ne laisse espérer aucune avancée pour les droits LGBT dans les cinq prochaines années.

L’affiche du second tour des présidentielles, qui oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen, a de quoi désespérer tous ceux et toutes celles qui espéraient encore que le changement du chef de l’État se traduirait par une avancée pour les droits LGBT.

D’un côté, Marine Le Pen et son programme violemment anti-LGBT, anti-féministe, anti-minorités : remplacement du mariage pour tous par un «Pacs amélioré», PMA réservée aux couples hétérosexuels stériles, menaces sur l’IVG que font peser certains des plus hauts responsables de son parti (dont sa nièce) et bien sûr absence totale de lutte contre les discriminations (ce qui est parfaitement cohérent avec l’ADN politique du FN, qui ne vise qu’à approfondir ou créer des inégalités et non à combattre ces dernières).

Ces propositions rétrogrades de Marine Le Pen sont bien connues, y compris par son électorat LGBT. Il faut le rappeler : le fameux «vote FN chez les gays» ne repose pas sur une ignorance par ces derniers du programme de l’extrême-droite, mais sur un calcul «coût / bénéfice». Les gays qui votent pour Marine Le Pen estiment que le renforcement de leurs privilèges (en tant que blancs, Français, chrétiens, athées…) qu’entraînerait une victoire du FN mérite le sacrifice d’une partie de leurs droits dont, de toutes façons, ils ne souhaitent pas bénéficier ou ont déjà bénéficié (l’abrogation du mariage pour tous promise par le FN n’étant pas rétroactive).

La responsabilité du vote incombe aux candidats

Face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron ne propose heureusement rien de comparable, mais ses engagements en faveur des droits LGBT sont encore très loin d’être satisfaisants. Parmi les candidats à la présidentielle favorables au mariage pour tous, l’ancien ministre de l’Économie, en dépit d’une image friendly, est clairement celui qui va le moins loin en ce domaine.

Le mariage et l’adoption pour tous ? Il ne souhaite pas les remettre en cause, et tant mieux, mais cela ne constitue pas précisément une avancée. La PMA ? Il est pour, bien sûr, mais considère que ce n’est pas une priorité et s’en remet au Comité consultatif national d’éthique (CCNE), dont les avis (c’est écrit dans son nom !) n’ont pourtant qu’une valeur consultative. Bref, il entend clairement jouer la montre, comme l’a fait Hollande pendant tout son quinquennat, pour au final aboutir à un statu quo. Quant à la question du changement d’état-civil des personnes trans, il la considère réglée par la loi «Justice du XXIème siècle» de 2016, alors que la réalité est toute autre.

Bien sûr, on peut légitimement considérer que le surplace promis par Macron est toujours préférable au grand bond en arrière promis par Le Pen. C’est une position tout à fait respectable et qui a pour elle d’excellents arguments. C’est pourquoi elle n’a pas besoin, pour se défendre, de cette campagne de culpabilisation, de chantage et d’insultes qui vise les abstentionnistes du premier ou du second tour. Le résultat du 7 mai sera imputable aux candidats et à leur capacité à proposer un avenir désirable. Certainement pas aux électeurs et électrices qu’ils n’auront pas su convaincre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.