Le documentaire La Fière Journée, un témoignage d’époque sur la Gay Pride de 1997 à Lyon, sera diffusé ce dimanche 18 juin dans le cadre de la Quinzaine des Cultures LGBTI.

Le samedi 17 juin, la Marche des fiertés LGBTI fêtera sa vingt-deuxième édition. Mais comment cet événement se déroulait-il il y a vingt ans de cela ? C’est ce dont traite Vincent Boujon dans son documentaire La Fière Journée. Plus récemment connu pour son film Vivant !, qui parle d’un groupe de gays séropositifs faisant le pari de sauter en parachute, le réalisateur s’est d’abord intéressé à la Gay Pride lyonnaise de 1997 et à ses revendications.

Si, aujourd’hui, cette manifestation rassemble environ quinze mille participants, en 1997 il n’y en avait que deux mille. Un nombre assez faible, dû à la peur de faire son coming out, comme le déplore un des intervenants : « l’idéal, pour une Gay Pride, ce serait qu’il y ait au moins 50% des homosexuels dans la parade. Or, là, je ne pense pas que ça soit le cas ».

Dans les années 90, elle était, comme aujourd’hui, considérée comme une libération dans l’espace public, comme l’expliquait l’un des participants : « d’habitude c’est dans les boîtes [gays] que l’on peut se sentir vraiment soi-même, mais là, on est dans la rue et on est bien ». Toutefois, c’était une liberté éphémère. Les personnes LGBTI étaient moins acceptées socialement qu’aujourd’hui, mais simplement tolérées, d’où la comparaison, dans le documentaire, entre cette Gay Pride et les saturnales (fêtes pendant l’Antiquité Romaine où on accordait aux esclaves plus de liberté).

L’autre différence avec 2017, ce sont les demandes de la communauté LGBTI. En 1997, on militait pour le Contrat civil, qui deviendra le Pacs (Pacte civil de solidarité) en 1999, tandis qu’aujourd’hui les préoccupations LGBTI se portent notamment sur la PMA (procréation médicale assistée) ou encore le changement d’état civil pour les personnes transgenres.

 La Gay Pride, un événement critiqué

 

L’année 1997 était seulement la deuxième édition de la Gay Pride lyonnaise, un événement qui suscita la colère des homophobes, à travers les protestations qui avaient lieu pendant la parade, mais pas seulement. Au sein même de la communauté LGBTI, la marche était déjà critiquée pour son côté trop festif et pas assez politique. Cet aspect était renforcé par le traitement médiatique qui en était fait, centré plutôt sur ses côtés ostentatoires (corps dénudés, drag queens, fêtes) que sur son militantisme. D’où la nécessité, demandée plusieurs fois dans le documentaire par les personnes interrogées, de trouver un équilibre entre les revendications et les fêtes.

En plus des festivités, la Gay Pride était aussi mise à profit pour créer des débats et « amener des coming out ». Même s’il s’agit d’un travail à long terme selon les associations LGBTI : « on veut dire aux gens d’essayer d’être eux-mêmes quotidiennement, pas seulement un jour dans l’année ». Une volonté qui est toujours d’actualité en 2017. 

 

La Fière Journée

Projection payante (4€ + 2€ d’adhésion au Lavoir Public) organisée par Écrans Mixtes, Frisse et AIDES dimanche 18 juin à 18h au Lavoir Public, 4 impasse Flesselles-Lyon 1. Débat en présence de l’équipe du film et de certains protagonistes

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