Projet solo devenu trio, le groupe lyonnais Venin Carmin distille un poison post-punk et une cold wave… pas si cold que ça.

«Zéro pointé vers l’infini, j’ai tout faux dans ma vie…». Voilà qui n’est pas le cas de Venin Carmin, qui a eu tout juste en ressuscitant ce titre génial de Charlotte Gainsbourg datant de 1986. Reprise toute en basse et en chant perçant, Zéro pointé est une venimeuse mise en bouche de ce que le trio lyonnais peut distiller. Fondé en 2015, Venin Carmin était à l’origine un one woman band mené par Camille, mélomane mégalomane qui a créé son groupe, ses compos, ses sons, ses arrangements et son disque. Camille est folle des Cure, des plus goths Sisters of Mercy ou de la très pure et expérimentale Anne Clark, mais aussi de Mozart et de Chopin.

Pourtant, son premier album sorti en 2015, Glam Is Gone, n’est ni un requiem, ni une nocturne… De toutes ces influences musicales, ce sont le post-punk et la cold wave qui déferlent sur ce disque, à grands coups de synthés 80’s et de beats rythmiques piqués notamment à Taxi Girl. Deux ans plus tard, à l’instar de la créature du docteur Frankenstein, le monstre Venin Carmin, produit de laboratoire musical, a eu besoin, pour vivre en live, d‘être électrisé.

«It’s alive !»

Pour donner chair à Venin Carmin, Camille a fait appel cette année à deux musicien-ne-s. Elle se charge désormais de la basse et du chant, quand ses deux acolytes s’occupent des claviers, des synthés et des pads. Transposer à la scène avec deux autres individualités un album produit seule, sans peur et sans reproche, voilà tout le pari que s’était fixé Camille. Le résultat est très rock. La basse y est virtuose et s’agite beaucoup lorsqu’ elle est punk. Les claviers posent des nappes aux ambiances gothiques ou marchent sur les pas de Human League ou d’Eurythmics. On oscille d’un titre à l’autre entre très grande urgence punk, ballades plus pop et morceaux new wave.

Le venin ici présent ne coule pourtant pas dans le sang froid de reptiles. Venin Carmin ne produit pas une cold wave si froide que ça. De la hot wave, peut-être ? C’est une des belles surprises du groupe. Là où nous étions en droit d’attendre un chant grave et désabusé qui glacerait et anonymiserait les compositions, le voilà étonnamment baby doll, parfois nasillard et aguicheur, un peu Elli Medeiros, un peu même Lana Del Rey dans sa langueur. Aujourd’hui, c’est fort d’une tournée au Japon que Venin Carmin est de retour en terre lyonnaise pour une série de concerts avant la préparation d’un nouvel album.

 

Venin Carmin en concert
Jeudi 21 septembre au Farmer, 14 montée des Carmélites- Lyon 1
Mercredi 27 septembre à la péniche Loupika, 47 quai Rambaud-Lyon 2
http://venincarmin.bandcamp.com

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