Le jour, elle porte le gainsbourien prénom de Lætitia dans des salles de classe. La nuit, elle est Raymonde Howard dans des salles de rock…

Le nouvel album de Raymonde Howard, S.W.E.A.T., sorti le 9 juin, réunit tous les marqueurs du style howardien : du rock, des boucles, de la guitare, un chant plutôt pop et extrêmement soigné, dans un anglais à l’accent impeccable. Lors de notre rencontre, la chanteuse stéphanoise nous raconte qu’elle est de passage à Lyon… car elle prépare l’agrégation d’anglais. Ceci explique donc cela ! «Mon projet musical a commencé en 2006. Je jouais dans plusieurs groupes, beaucoup plus rock, et je n’arrivais pas toujours à y placer les idées que j’avais». Raymonde Howard est ainsi née d’un besoin de s’exprimer, de donner vie à tous ces riffs de guitares que Lætitia consignait religieusement. Adolescente, elle écoute du grunge : Nirvana, Guns N’ Roses…

«Très vite, je me suis tournée vers les groupes de nanas : Hole, PJ Harvey et les riot grrrls. Elles ont eu une influence très forte sur ma musique, même si aujourd’hui je les écoute très peu. Mes goûts se sont élargis». De ces féministes rockeuses des années 90, Lætitia a l’attitude et l’engagement. De fait : parce que c’est une femme qui fait du rock dans un milieu très mec. Mais aussi dans ses textes. «Dans mon dernier album, il y a beaucoup d’héroïnes. Dans Angry Ballerina, je raconte l’histoire d’une jolie ballerine policée, dont on attend qu’elle ne fasse pas un faux pas et qui vient foutre la merde dans une soirée. Sur Terrotits, je parle du fait qu’être une femme et l’assumer peut faire peur, notamment dans les milieux religieux».

«L’art, ce n’est pas une contrainte»

Pas évident pour Lætitia de mener sa double vie de professeure d’anglais en collège le jour et de rock star la nuit. D’autant moins qu’elle ne veut pas faire de Raymonde Howard son principal gagne-pain. «Ça demande de l’organisation et, quand t’as plus de dix-huit ans, tu fatigues vite !». Ce virage, elle aurait pourtant pu le prendre en 2010. «Grâce à l’album orange (For All The Bruises, Black Eyes And Peas, sorti cette année-là, NdlR), j’ai eu une double page dans Libé avec interview, photo… Cet article en a généré plein d’autres. Quelques semaines plus tard, on m’a proposé un contrat intéressant»Gleeden, le site de rencontres extraconjugales, souhaitait utiliser un de ses morceaux….

«J’ai refusé, après une longue réflexion. Les conséquences, ça auraient peut-être été plus de concerts, plus de visibilité, mais aussi plus de contraintes et de routine. Mais pour moi, l’art, ce n’est pas une contrainte ; ça doit rester une source de plaisir. Quand je n’ai pas envie de jouer, je ne le fais pas». Lætitia semble ainsi avoir fait sienne la réflexion du docteur Jekyll : «céder à une seule tentation, c’était me condamner au mal».

 

S.W.E.A.T. de Raymonde Howard (We Are Unique ! – Specific)
En concert mardi 31 octobre à partir de 20h30 au Sonic, 4 quai des Étroits-Lyon 5 dans le cadre de la soirée Dynastits « J’irai danser sur vos tombes »

http://raymondehoward.free.fr

 

Photo © Marie-Suzanne Nourdin

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