Elles sont quatre : Admina, Cosima, Chlorys et Beatrice. Elles ont fait des études d’architecture, de journalisme, d’histoire de l’art ou d’arts visuels. Elles se consacrent aujourd’hui à la musique et ont créé le collectif queer et féministe Corp. qui agite les nuits de Bucarest.  

À quoi ressemble la scène queer roumaine, sur le plan politique et artistique  
Sur le plan artistique, c’est une scène émergente à laquelle nous tentons de contribuer, ici à Bucarest. Il y existe quelques lieux, plus engagés politiquement que les discothèques mainstream. Et il y a quelques organisations activistes, pas très grandes mais qui tentent de porter le débat sur les questions queers.  


Qu’est-ce que le collectif Corp. et pourquoi est-il nécessaire qu’un tel collectif existe aujourd’hui en Roumanie ? 
 
Nous avons formé Corp. parce qu’il nous semblait qu’un tel collectif était nécessaire dans le contexte musical local et que nous partagions des visions et des attentes similaires. Le groupe nous permet de faire entendre nos revendications mais également fournit des occasions aux personnes queers et aux femmes de se réunir. Notre position est politique du fait que nous nous opposons au système dominant, patriarcal. Lorsque nous organisons des soirées, nous faisons en sorte de faire plus de places aux artistes queers, femmes et féministes, ce qui crée une ambiance différente, plus ouverte, plus safe. Et qui permet aussi au public d’envisager les soirées et la nuit différemment. Nous sommes également heureuses parce que l’attitude des organisateurs de soirées à changer vis-à-vis de ce que nous proposons.  


https://i2.wp.com/www.heteroclite.org/wp-content/uploads/2019/02/CORP-12©Camil-Dumitrescu.jpg?resize=486%2C729N’avez-vous par peur justement d’être récupérées et de servir de caution au 
pinkwashing ?  
Bien sûr, il y a toujours un danger d’être utilisées mais il suffit souvent d’analyser le contexte pour se rendre compte s’il s’agit de pinkwashing ou non.  


Comment décrieriez-vous vos différentes identités musicales et 
la façon dont vous parvenez à les faire fonctionner ensemble ?
Nous avons différents projets solos annexes à Corp. mais en tant que groupe nous travaillons principalement la musique électronique. Lorsque nous travaillons ensemble, il est d’ailleurs difficile de distinguer les différents styles que nous exprimons dans nos projets solos. Quand nous sommes ensemble, nos travaux se complètent.  


Comment pensez-vous que l’organisation de soirées puisse avoir un impact politique ?
 
Faire la fête et danser participent d’un agenda politique dans le sens où cela permet de créer un espace où les gens peuvent échanger, se regrouper, dans un environnement safe. Cela permet de créer une force, pas uniquement par la danse, mais par le fait de regrouper au même endroit des personnes qui ont une vision similaire de la société. C’est ce que nous espérons en tout cas.  

Avez-vous des modèles, des inspirations pour votre travail artistique ?  
On travaille beaucoup en connexion avec la scène artistique locale, c’est une réelle source d’inspiration. Mais des groupes comme Discwoman ou nos ami?es d’Oramics à Berlin nous inspirent aussi.

 

Nova[Mix]Club x Corp., le 15 février au Sucre, 50 quai Rambaud-Lyon 2
07.71.81.07.46 http://www.le-sucre.eu 

 

À écouter : 

Corp. : https://soundcloud.com/corpp 

Admina : https://soundcloud.com/adm1na 

Cosima : https://soundcloud.com/vonbuelove 

Beatrice Sommer : https://mixcloud.com/beatricesommer 

Chlorys : https://soundcloud.com/chlorys 

 

© Camil Dumitrescu

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