Il y a 30 ans, Arnaud Rebotini, faisait ses premiers mixes dans un bar à backroom parisien. Il présente aujourd’hui à l’Auditorium de Lyon la bande originale du film 120 battements par minuteRencontre en plan tel. 


Quelle est votre histoire avec la communauté LGBT ?
 
Depuis les débuts de la musique électronique à Paris, je suis sorti pour en écouter dans les clubs gays, notamment à la fin des années 80 début/des années 90 en allant au Boy. Ensuite, j’ai moi-même joué dans pas mal d’endroits gays, on disait d’ailleurs plutôt « gay » à l’époque que « LGBT », terme qui est venu après. J’ai débuté dans un bar à backroom, invité par les propriétaires du lieu qui étaient mes voisins et qui m’entendaient faire de la techno sur ma première boite à rythme TR 808. C’était assez rigolo. J’ai joué aussi au Queen qui a accueilli beaucoup de soirées. Et puis j’ai une histoire particulière avec le Pulp qui était un club lesbien à l’origine et qui faisait des soirées ouvertes à tout le monde le jeudi qui étaient assez prisées. 

 

Le concert que vous donnez à l’Auditorium de Lyon est une première mondiale. 
Oui, je joue avec mes musiciens, une formation de chambre. L’idée était de faire tourner la bande originale de 120 Battements par minute. Nous avons eu une demande de la Philharmonie de Paris, puis d’autres demandes. À Lyon, vous avez la chance d’avoir la première ! Il y aura sept musiciens sur scène, plus moi. C’est un groupe que j’ai baptisé le Don Van Club. Ce sont les musiciens qui me suivent sur les bandes originales que je compose. Il y a un violon, un violoncelle, une flûte, une clarinette, une harpe, un percussionniste (marimba, vibraphone), un clavier et moi. 

 

Depuis votre remix, vous êtes aujourd’hui associé à Smalltown Boy de Bronsky Beat. Qu’évoquait ce tube, pour vous, avant le film ? 
C’était un morceau que j’adorais, que j’écoutais régulièrement dans ma jeunesse. J’adorais la version du maxi qui durait neuf minutes avec l’intro uniquement faite de nappes et de la voix de Jimmy Sommerville. J’ai emmené ce titre là où Robin Campillo m’a dit de l’emmener. L’idée c’était de refaire un concert de soutien qu’avait donné Jimmy Sommerville à l’époque d’Act Up, entre 1993 et 1995. Robin se souvenait qu’il l’avait joué dans une version housy-technoïde avec son groupe de l’époque, les Communards. Robin Campillo m’a donc demandé de faire un remix comme s’il y a avait eu un remix de Smalltown Boy crée entre 1993 et 1995. 

 

Clubber sur de la house au début des années 90 et clubber sur cette même musique aujourd’hui… le sens est-il le même ? 
Non… la house était un étendard pour les gays et pour tous ceux qui se sentaient exclus, ceux qui luttaient contre le sida. Aujourd’hui, elle est diffusée dans les supermarchés. Il y avait un vrai truc communautaire qui n’existe plus. 

 

Arnaud Rebotini joue 120 BPM, dans le cadre des 20 ans d’Arty Farty, le 17 mars à l’Auditorium de Lyon, 149 rue Garibaldi-Lyon 3 / 20ans.arty-farty.eu

 

© Quentin Caffier

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