Le monde s’invite à Grenoble pour ce Vues d’en Face 2019. Car c’est bien la situation des personnes LGBT, de l’Afrique du Sud au Guatemala en passant par le Brésil, l’Italie, la Colombie, l’Arménie,  et bien sûr la France, qui sera au centre de cette prometteuse 19ème édition. 

Un coming out dans l’armée sud-africaine pour commencer, une rencontre amoureuse dans la violence sociale guatémaltèque en clôture : de Kanarie à Jose, le festival Vues d’en Face a choisi de nous montrer les états contrastés, et souvent difficiles, de l’homosexualité (et de la transidentité) à travers le monde via des films aux tons très divers, mais aux qualités cinématographiques souvent reconnues. Ainsi Jose, le très beau long métrage de Li Cheng, a été présenté à la dernière Mostra de Venise où il a obtenu le Queer Lion, le prix LGBT de ce festival majeur. 

Ce drame où un jeune homme de 19 ans vivant seul avec sa mère dans un petit appartement miteux, effectuant des petits boulots au bord des routes, doit cacher à tous son homosexualité dans une société où règnent la violence, la religion, l’homophobie… jusqu’au jour où il tombe amoureux… Nourri d’une longue imprégnation des sociétés sud-américaines, réalisé avec beaucoup de finesse et de sensibilité, formidablement interprété par des acteurs non professionnels, Jose est le portrait d’un jeune gay en lutte pour exister dans un monde hostile. 

vues d'en face 2019C’est aussi ce que cherche à faire Johan, adolescent sud-africain qui, en 1985, part faire son service militaire. Ce fan de Boy George souvent moqué dans sa petite ville en raison de sa différence, se retrouve affecté dans le chœur religieux de l’armée et va devoir s’y affirmer, au milieu de multiples confusions. 

Entre ces deux moments, Vues d’en Face nous fait rencontrer un couple lesbien colombien en train de se défaire (Eva + Candela) et un séduisant brésilien solitaire exposant son corps peint sur internet dans Hard paint, film lui aussi récompensé puisqu’il a reçu le Teddy Award au festival de Berlin : sans y toucher, ce film à la mise en scène très aboutie dit beaucoup de la vie des minorités dans un pays qui vient d’élire un président d’ultra-droite… 

Plusieurs autres fictions européennes viendront également illustrer sur des modes intimes les vécus LGBT dans l’Union et alentour (la Pologne dans Nina, la Slovénie dans Conséquences, la Finlande dans Entre les roseaux…), tandis que l’habile documentaire L’unione falla forse se penche sur les lendemains de l’adoption de l’union civile pour les couples de même sexe en Italie, en 2016. 

 

Vues d’en face, du 15 au 19 mars au Cinéma Le Club, rue du Phalanstère-Grenoble  www.vuesdenface.com 

 

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