Après quelques rebondissements rocambolesques, le Musée des Tissus de Lyon, passé sous la coupe de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, rouvre enfin ses portes avec une exposition qui souligne les liens entretenus entre Yves Saint Laurent et les soyeux lyonnais.

Dès l’entrée, on découvre le parcours créatif d’Yves Saint Laurent avec ses paper dolls créées alors qu’il n’avait que quinze ans. Déjà couturier dans l’âme, il découpe dans les magazines les silhouettes de ses mannequins préférées, afin d’imaginer la maison de couture de ses rêves, en leur façonnant une garde-robe en papier. Au dos, se trouvent inscrites les maisons idéales pour la réalisation de ces robes. Les relations avec les maisons lyonnaises allaient commencer à se tisser.  

Retour éclatant
Le Musée des Tissus, fermé durant trois ans et racheté il y a un an et demi par la Région, revient sur le devant de la scène culturelle avec éclat. Ce n’est pas la première fois que le Musée organise une rétrospective sur un grand couturier, mais celle-ci est d’une certaine ampleur. On y découvre vingt-cinq silhouettes, prêtées par le Musée Yves Saint Laurent de Paris, et qui pour certaines n’ont jamais été montrées. Enrichie de croquis originaux, d’échantillons de tissus, de photos des ateliers et d’interviews filmées, l’œuvre du couturier qui a exercé de 1962 à 2002 est admirée à travers le prisme lyonnais.

Les maisons lyonnaises 
Une allée à droite, de petites échoppes qui la bordent sur la gauche : la scénographie de Nathalie Crinière donne corps aux huit maisons de soieries lyonnaises avec lesquelles YSL a travaillé. Abraham, Beaux-Valette, Bianchini-Férier, Bouton-Renaud, Brochier, Bucol, Hurel ou encore Sfate et Combier, chacune représente la technique et le savoir-faire de la région. Mêlées aux vidéos et aux photos des défilés et aux planches de collection, ces robes ondoient sous la lumière et prennent vie devant nous. Taffetas, mousseline, cigaline ou encore velours ; la douceur épaisse côtoie l’élégance du transparent.

Comprendre la technique
Ainsi, la robe de mariée « Shakespeare » de la collection automne-hiver 1980, exposée entre les deux salles, symbolise  la quintessence de cette implication lyonnaise : le manteau est signé Bucal, la robe Abraham, le drapé Bianchini-Férier et le voile est d’Hurel. Les étoffes précieuses s’accumulent dans la splendeur de la méticulosité et l’on pénètre dans la dernière salle pour admirer les techniques de fabrication. Immergé dans l’atelier, dans les gammes colorées des étoffes aux murs et dans les livres d’échantillons, le public découvre la palette d’un peintre qui cherche les tonalités parfaites. « Je vois des tissus qui me donnent l’idée d’une robe » disait-il.

Yves Saint-Laurent, les coulisses de la haute couture à Lyon, jusqu’au 8 mars au Musée des Tissus, 34 rue de la Charité-Lyon 2 / 04.78.38.42.00 www.museedestissus.fr

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