La Londonienne francophone Arlo Parks sera en concert au festival Jazz à Vienne. Oscillant entre pop et neo-soul, son premier album s’offre à nous comme un condensé d’expériences adolescentes. Sa performance live est très attendue.

Si vous êtes passé à côté d’Arlo Parks, c’est sûrement parce que vous vivez dans l’une de ces zones blanches peuplées de personnes électrosensibles qui esquissent une migraine à la moindre exposition à une barre 4G. Même sans ondes, le magnétisme que provoque l’écoute du premier album de la jeune londonienne est tangible. Collapsed in Sundbeams soit “Évanouie dans les rayons du soleil” a été écrit à la faveur d’un confinement et d’une crise pandémique qui ont terrifié une artiste aux prémices de sa carrière. Munie de ses carnets intimes d’adolescente, Anaïs Oluwatoyin Estelle Marinho s’est cloîtrée dans un AirBnB de l’est de Londres. Après deux semaines d’isolement sont nés 12 titres, soit 12 histoires qui sont autant de réflexions sur l’adolescence. Le morceau inaugural de 55 secondes est un texte déclamé sur un fond sonore vaporeux. Une façon d’entrer dans l’univers sensible d’Arlo Parks qui se considère comme une autrice, compositrice et poètesse. 

Nul besoin de crâner avec son bilinguisme pour comprendre sa littérature lumineuse qui exprime pourtant bien des tourments imputés à des amours jeunes et évanescentes. À la manière d’une photographe, elle capture des instants de vie comme dans le titre Caroline où elle est spectatrice d’une rupture, un couple qui se déchire au milieu de l’effervescence d’Oxford Street. Tel un film argentique, Arlo Parks sublime l’ordinaire. L’ultime titre porte d’ailleurs le nom d’une pellicule Kodak, Portra 400, qui débute ainsi : “Making rainbows out of something painful”

Arlo Parks

Réconfort et tendresse dans les oreilles  

A l’écoute de cet album de réconfort, sa voix lumineuse renforce cette sensation d’être enveloppé·e, sans déclaration grandiloquente. Une certaine retenue donne de l’élégance à des titres qui sous d’autres plumes auraient sombré dans le pathos. Ce point d’équilibre s’illustre avec Black Dog, hymne consolateur pour sa meilleure amie en lutte contre la dépression, ou avec Green Eyes où elle décrit un amour lesbien et cette main que l’amoureuse n’ose pas lui tendre en public. Mais comment peut-elle en vouloir à une jeune fille écrasée par la pression familiale et le regard des autres qui donnent parfois envie de pleurer ? De toute sa bienveillance éclot un hymne : “trust how you feel inside and shine”. 

Avec cet album, Arlo Parks rend simplement ce que la musique lui a donné : du soutien et de la tendresse. Avant de réserver votre place pour son concert à Jazz à Vienne, on ne peut que vous conseiller de regarder son superbe live sur la chaîne YouTube de la radio américaine KEXP.

Arlo Parks (avec Imany et Lianne La Havas) le 7 juillet 2021 au Théâtre antique de Vienne dans le cadre du Festival Jazz à Vienne / 04.74.78.87.87 / www.jazzavienne.com

Le 2 décembre 2021 en concert au Ninkasi Gerland, 267 rue Marcel Mérieux-Lyon 7. Hétéroclite vous fait gagner 2×2 places en envoyant nom+prénom à redaction[at]heteroclite.org (Objet : Arlo Parks).  

 

 

© Alexandra Waespi

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