Banlieues chaudes

Bling-bling dans ton boule, Tarek le pilonneur, Gros travaux avec Momo : les habitués des productions Citébeur connaissent ces petits trésors de poésie urbaine. Pour les autres, ce sont les titres des films du studio de porno gay créé en 2001, le premier à faire jouer des acteurs issus de la banlieue. La série des Wesh Cousins produite par Citébeur rencontre dès sa sortie un très fort succès. Le plus important de toute l’histoire du porno français, si l’on en croit le responsable du magasin Major Vidéostore de Lyon. Les raisons de cette réussite sont d’abord à trouver dans la nouveauté que représente l’arrivée des “garçons de banlieues“ dans l’univers du porno gay, une population jamais représentée dans le x auparavant. «Les gays des banlieues étaient très peu visibles, aussi bien dans les films pornos que dans l’univers de le drague homo. Les premiers films de Citébeur ont bénéficié de cette absence», assure le gérant du Major Vidéostore. Les productions Citébeur détournent la supposée rhétorique homophobe et ultra virile des banlieues en un discours puissamment érotique. Mais il n’y a pas que dans l’industrie du porno que la banlieue suscite les fantasmes des gays. Le cinéma offre régulièrement une vision sexy des “garçons de la cité“. Gaël Morel filme leur camaraderie virile et “torse-poil“ dans Le Clan. Le film est le portrait de trois frères évoluant dans une atmosphère homo-érotique en diable. Le Clan se conclut sur une belle scène d’amour entre Thomas Dumerchez et Salim Kechiouche. On peut d’ailleurs voir ce dernier dans Les Amants criminels de François Ozon en boxeur victime de sa beauté, ou dans les films de Gaël Morel Premières neiges et À toute vitesse. Dans Grande École, Kechiouche joue le rôle d’un jardinier rebeu qui permet à un étudiant un peu coincé de vivre sa première expérience homosexuelle. Salim Kechiouche, qui a grandi à Vaulx en-Velin, n’hésite pas à confier sa difficulté à jouer des rôles d’homos : «Mon premier rôle homo était dans Grande École, de Robert Salis. J’ai accepté ensuite de rejouer un homo parce que le personnage était complètement différent. C’est vrai que j’ai eu peur d’être catalogué “rebeu qui joue les gay“ mais le métier de comédien, c’est prendre des risques».

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