Dodo

RDV avec… Sandra

Sandra, professeur de français au collège, nous parle de la difficulté d’être soi-même avec ses élèves quand on est enseignante et lesbienne…

Cheveux courts et lunettes en amande, sourire généreux, ce n’est pas l’archétype de la prof de français que j’ai rencontrée ce mois-ci ; une prof que je me représentais encore avec un air bien trop sérieux, les cheveux pleins de poussière de livres sortis d’un placard de cent ans. Non. Sandra est jeune, moderne, enseigne les lettres au collège, dans un établissement de Vénissieux, commune du sud de Lyon. Il y a sept ans, après un purgatoire de l’Éducation nationale dans le Haut Jura, elle est arrivée à Lyon «dans un lycée des Minguettes. Quand on vient du Haut Jura, l’adaptation professionnelle est plutôt difficile !». La prof est lesbienne et elle l’assume. Chanteuse à la chorale À Voix et à Vapeur depuis plusieurs années, elle vient même de prendre la présidence d’Alegria, le premier orchestre gay et lesbien de Lyon. Toutefois, si ses parents sont au courant, au collège la discrétion est encore de rigueur. «Avec les élèves de Vénissieux, on est à peu près sur les mêmes lignes que l’armée américaine, “don’t ask, don’t tell “». Pourtant Sandra ne cautionne pas. Entre les lignes, elle dénonce l’omerta. «J’ai toujours trouvé qu’on était un peu lâche vis à vis des élèves car parmi eux il y a des homos aussi, et pour eux, particulièrement dans les quartiers, c’est impossible à vivre. Nous, on a la sécurité de l’emploi, on ne craint rien, c’est un peu facile». Manque de courage ou pression intenable, elle se contentera de ne pas trouver ça normal. Peut-on lui en vouloir ? Après l’école, l’iséroise des Chartreuses aime à se consacrer à la musique, sa passion depuis l’âge de six ans. Clarinettiste, chanteuse, elle reconnaît pourtant, comme une élève résignée et sûrement trop perfectionniste, qu’elle n’a «aucun don». «J’ai fait le cursus de l’école de musique en huit ans au lieu de quatre. Pourtant je travaillais une heure par jour !» Finalement, c’est en intégrant la chorale et l’orchestre qu’elle a réussi à accepter ses imperfections. «L’avantage, c’est qu’on peut y aller en étant très moyen, le résultat sera toujours bien meilleur». Une philosophie qui lui a d’ailleurs fait arrêter le handball très jeune au profit du cheval. «Ce n’est pas moi qui cours, c’est plus simple !»

Retrouvez la Chorale à voix et à vapeur et l’orchestre Alegria en concert les 5 et 6 décembre au Grand Temple de Lyon, 3 quai Augagneur-Lyon 3

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