Dodo

Les cantonales, pas si banales

110315_4actusimHmicyleduConseilgnralduRhneÀ l’occasion des élections cantonales, le point sur les compétences d’un Conseil général. Quelles incidences sur les problématiques gays et lesbiennes ?

Les 20 et 27 mars prochains, les électeurs français seront appelés aux urnes afin de procéder au renouvellement de la moitié des 4 039 cantons français, chacun étant représenté par un conseiller général. Ces élections suscitent généralement un intérêt moindre que les présidentielles ou les législatives ; pourtant, le Conseil général (l’assemblée délibérante d’un département) est doté d’attributions non-négligeables, surtout depuis la loi de décentralisation de 2004, notamment dans le domaine de l’action sociale. Certaines de ces attributions concernent même directement les problématiques gays et lesbiennes. C’est, par exemple, le Conseil général qui est habilité à délivrer un agrément d’adoption à un couple marié ou à une personne seule… y compris si celle-ci est homosexuelle. Ou du moins en principe, car dans les faits, il est rare qu’un gay ou une lesbienne décroche le précieux sésame lorsque les enquêteurs (travailleurs sociaux et psychologues) découvrent son homosexualité. Tout dépend alors de la volonté politique exprimée par le Conseil général.

Santé, éducation, personnes âgées…

Rien d’étonnant à ce que la question de l’adoption arrive en tête des priorités listées par l’Inter-LGBT (qui fédère soixante associations homosexuelles) dans un questionnaire qu’elle vient d’adresser aux partis et aux candidats. Mais ses revendications portent également sur d’autres points. Le Conseil général se voit en effet également confier des missions de prévention sanitaire, notamment de lutte contre le VIH. Stéphane Gomez, militant LGBT actuellement en campagne dans le département du Rhône en tant que suppléant d’Hélène Geoffroy (conseillère générale sortante socialiste du canton de Vaulx-en-Velin), déplore ainsi que la majorité sortante (UMP et Nouveau Centre) n’ait mis en place «aucune politique globale de santé» et dénonce l’absence de «prévention ciblée» en direction des catégories de populations les plus touchées par le sida (homosexuels, migrants, prostitué(e)s, toxicomanes, etc.). Autre attribution du Conseil général : l’aide sociale aux personnes âgées. L’Inter-LGBT estime que, dans ce domaine comme dans celui de l’éducation (qui concerne également le département, représenté dans les conseils d’administration des collèges), «les conseils généraux doivent être exemplaires dans la prise en compte des publics LGBT», notamment à travers la formation et la sensibilisation des personnels soignants ou enseignants aux discriminations homophobes.

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