Dodo

Let my people go! Ovni gay-friendly

Sortie le 28 décembre sur les écrans, la comédie gay-friendly Let my people go ! sera projetée jeudi 26 janvier au Ciné-Toboggan en présence de son réalisateur Mikael Buch, dans le cadre du festival Drôle d’endroit pour des rencontres.

Une «french comédie», promet l’affiche. Let my people go ! contient pourtant un meurtre, un vol d’argent, une rupture, un divorce, de l’adultère et une bonne dose de religion. HLet my people go ! incarne dans sa légèreté l’essence même de la comédie sans prétentions.eureusement, pour égayer le tout, Mikael Buch a un ingrédient miracle dont il saupoudre généreusement son premier long-métrage : l’absurde. Nous suivons l’histoire de Ruben (Nicolas Maury), jeune homosexuel issu d’une famille juive, exilé en Finlande pour échapper à sa famille et au poids des traditions.

Haut en couleur, renversant, agaçant, burlesque, il est difficile de trouver un qualificatif pour cet ovni de la comédie française. La principale raison est que les différentes parties qui composent le film sont très inégales. Les vingt premières minutes sont absolument terrifiantes : un événement insolite vient perturber la petite vie tranquille de Ruben et Teemu (Jarkko Niemi), couple installé dans un chalet douillet au milieu d’une Finlande rustique. Disputes théâtrales, moues boudeuses et poignets cassés dans tous les sens, les deux personnages composent une caricature romantico-dramatique du couple homosexuel avec une intrigue très Desperate Housewives : autant dire que cela commence très mal.

Fort heureusement, le départ de Ruben pour la France et les retrouvailles avec sa famille psychotique donnent naissance à de nombreuses situations très rafraîchissantes. Entre sa mère envahissante (Carmen Maura), son père démissionnaire (Jean-François Stévenin), son frère agressif (Clément Sibony) et sa sœur dépressive (Amira Casar), le pauvre Ruben va apprendre qu’on ne peut pas échapper à ses origines. Les tempéraments sont excessifs et les intrigues basiques, mais les excellents jeux de cette brochette d’acteurs viennent pimenter la donne.

Les thèmes de l’homosexualité et de la religion ne sont abordés qu’en filigrane, ce qui confère au film une identité singulière. Exit les questionnements lourds sur l’identité sexuelle ou la difficulté d’être juif et gay, tout n’est qu’insouciance dans le petit monde de Mikael Buch. À tel point qu’on a parfois du mal à rentrer dedans : même le personnage principal a l’air totalement largué et encaisse les révélations fracassantes avec une profonde lassitude et un éternel air contrit pour le moins irritant.

Le réalisateur navigue en permanence entre l’absurde et le réaliste, le comique et le drame, le plaisant et l’irritant. On ne sait jamais si l’on doit rire ou soupirer, rester attentif ou décrocher. Il ne reste alors plus qu’à se caler confortablement dans son fauteuil et profiter des gags, qui ne nécessitent heureusement pas de suivre l’histoire exubérante pour être drôles. En définitive, Let my people go ! incarne dans sa légèreté l’essence même de la comédie sans prétentions.

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