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Arlette Couzon (Lutte Ouvrière) : «se débarrasser du capitalisme»

Arlette Couzon sera la candidate de Lutte Ouvrière aux élections législatives de juin dans la deuxième circonscription du Rhône.

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Le discours de Lutte Ouvrière est très axé sur les lutte sociales, beaucoup moins sur les questions sociétales. Quelle est pour vous l’importance de ces dernières ?

Arlette Couzon : Nous luttons principalement pour défendre les intérêts des travailleurs, mais aussi contre toutes formes de discrimination (xénophobie, sexisme, homophobie). Mais il est vrai que nous n’en faisons pas notre combat principal, car un étranger, une femme, un homosexuel, sont aussi des travailleurs confrontés, par exemple, au problème des salaires trop bas. Cette société, fondée sur le capitalisme et l’exploitation, ne peut engendrer qu’inégalités, injustices sociales, violences et discriminations. Donc nous pensons qu’il faut se débarrasser du capitalisme et qu’ensuite les gens établiront librement un nouveau type de relations. De ce point de vue-là, nous sommes favorables à la plus grande liberté possible, à condition de n’opprimer personne.

Cela veut dire que vous êtes favorables à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe ?

Arlette Couzon : Je ne vous cache pas que le mariage n’est pas notre tasse de thé. Il ne faut quand même pas oublier que le mariage était autrefois un instrument d’oppression de la femme, que c’est à elle qu’incombe, aujourd’hui encore, la plus grande partie des tâches ménagères et de l’éducation des enfants et qu’une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les deux jours. Nous prônons donc plutôt l’union libre, mais nous ne sommes pas pour autant des intégristes et nous ne voulons imposer notre vision à personne. Nous souhaitons donc que les couples hétérosexuels et homosexuels aient les mêmes droits. Concernant l’adoption, nous pensons que l’intérêt des enfants doit primer sur toute autre considération et donc nous ne voyons aucun inconvénient à ce qu’un couple homosexuel adopte un enfant s’il est capable de l’élever correctement.

Mais comment défendre ces idées en étant absent de toutes les grandes assemblées représentatives ?

Arlette Couzon : Par la lutte ! Nous pensons que, de toutes façons, le vrai pouvoir n’est pas au gouvernement ni dans les assemblées mais aux mains des conseils d’administration des grandes entreprises, des capitalistes et des grands-bourgeois. Et si les homosexuels ou les femmes ont obtenu des droits (le vote, l’avortement, la contraception…), c’est parce qu’ils ont lutté. Le Parlement n’a souvent fait que suivre ! Seul un mouvement social des travailleurs pourra véritablement changer la société de fond en comble et mettre un terme au pouvoir de nuisance mondial de la bourgeoisie.

On lit parfois, sur Internet ou ailleurs, que Lutte Ouvrière n’accepte dans ses rangs aucun militant ouvertement homosexuel…

Arlette Couzon : Chaque militant mène sa vie sexuelle comme il l’entend ; nous ne contrôlons pas ce genre de choses qui relève de la sphère privée et personnelle. Il n’y a donc aucun problème à ce niveau-là. Qu’il y ait pu avoir par le passé des préjugés homophobes parmi nos militants, notamment les hommes, c’est en revanche possible.

Comment Lutte Ouvrière, qui combat la notion même de marché, juge-t-elle le débat en cours sur la prostitution ? Êtes-vous favorable à sa pénalisation ?

Arlette Couzon : La prostitution est symptomatique de cette société où les rapports entre hommes et femmes ne sont pas harmonieux, où tout s’achète et tout se vend. C’est aussi un révélateur de la misère sexuelle : qu’on soit obligés de payer pour faire l’amour, cela me laisse sans voix. Ce sont souvent des filles venues d’Afrique ou des pays de l’Est qui vendent leur corps ; cela me révolte et me dégoûte. Donc, évidemment, nous sommes contre la prostitution. Personnellement, je ne crois pas beaucoup à la liberté de se prostituer : celle-ci existe peut-être pour quelques filles, mais pas pour celles que l’on voit sur les trottoirs. Mais pénaliser les clients, interdire, je ne sais pas si c’est la solution car ils se cacheront.

 

 

Les rencontres de la présidentielle

Depuis début février, Hétéroclite organise, en partenariat avec le bar féminin Le Domaine et la Lesbian & Gay Pride de Lyon, une série de rencontres avec des représentants de tous les candidats à l’élection présidentielle. Chacun à son tour vient présenter les propositions de son parti en faveur des droits LGBT, sur des questions aussi diverses que le mariage, l’adoption, la lutte contre le sida et les discriminations, les problèmes rencontrés par les personnes transidentitaires, etc.

Évelyne Baume (candidate d’Europe-Écologie-Les-Verts aux élections législatives de juin dans la deuxième circonscription du Rhône), Boris Ferrier (Parti communiste français) et Arlette Couzon (Lutte Ouvrière) sont ainsi venus porter les couleurs respectivement d’Éva Joly (le mardi 7 février), de Jean-Luc Mélenchon (le mardi 21 février) et de Nathalie Arthaud (le mardi 28 février). Ces rencontres se poursuivront, toujours au Domaine, jusqu’au premier tour de l’élection présidentielle (dimanche 22 avril), les 6, 15, 20 et 29 mars ainsi que les 3, 10 et 17 avril. Le 20 mars, c’est ainsi un représentant du Modem qui viendra défendre les idées de François Bayrou, suivi le 29 mars par Najat Vallaud-Belkacem (conseillère municipale de Lyon et candidate du Parti socialiste aux élections législatives de juin dans la quatrième circonscription du Rhône) pour François Hollande.

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