Dodo
sol gabetta credit Marco Borggreve auditorium de lyon

L’Auditorium de Lyon met le cap à l’est

Sol Gabetta © Marco BorggreveL’Auditorium de Lyon met le cap à l’est en proposant ce mois-ci les œuvres de trois compositeurs venus du froid : les Russes Chostakovitch et Tchaïkovski et l’Estonien Arvo Pärt.

Depuis trois ans, chaque année, un compositeur est mis en lumière à l’Auditorium de Lyon, comme un fil rouge qui borne la saison. Après Stravinsky et Strauss, Chostakovitch se dévoile. Peu connu du grand public, le compositeur russe a laissé une œuvre immense que les autorités soviétiques de l’époque n’ont eu de cesse d’adorer puis d’interdire.

Durant trois soirées d’avril, son Concerto pour violoncelle n°1 va résonner comme jamais. Écrit dans une période sombre pour tous les compositeurs soviétiques, ce concerto brille par son humour contestataire et sa grande ironie. Dès le premier mouvement, le ton est donné : le violoncelle arrive comme un personnage insouciant au milieu d’un orchestre ultra-rythmique et incisif. Le second mouvement apparaît comme une plainte sans fin du violoncelle et l’ambigüité persiste jusqu’à la fin de l’œuvre. La jeune et brillante violoncelliste Sol Gabetta, nouvelle star de la musique classique, en donnera une interprétation passionnante et ouverte, elle qui mise toujours sur l’universalité du propos musical.

Des airs de requiem

Autour du concerto de Chostakovitch, Fratres d’Arvo Pärt et la Sixième symphonie de Tchaïkovski complèteront ce programme.

Compositeur estonien, Pärt est, selon ses propres termes, un mystique de style «tintinnabuli» (le tintinnabulum était, au Moyen-Âge, une petite cloche accrochée à l’orgue portatif). Minimaliste, il résume son œuvre ainsi : «jouer une seule note avec beauté est suffisant. Si l’on y parvient, il n’y a plus rien à ajouter. C’est le mystère de la musique». Fratres, qui s’inscrit dans la grande tradition du Moyen-Âge (où l’on jouait sur les instruments que l’on avait sous la main), sera ici donné dans sa version pour orchestre.

Quant à la Sixième symphonie de Tchaïkovski (dite «Pathétique»), elle résonne comme un requiem très personnel. Le compositeur déclarait en être «plus satisfait que de toutes ses autres œuvres». Pourtant, elle fut accueillie avec perplexité lors de la première représentation. Il faut dire que Tchaïkovski était un chef d’orchestre très médiocre… Sa symphonie ne connut un véritable succès que trois semaines après la première. Dans l’intervalle, le compositeur s’était suicidé…

 

Photos : Sol Gabetta © Marco Borggreve

 

www.auditorium-lyon.com

Poster un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.