Dodo
couples homosexuels

Le mariage ouvert aux couples homosexuels d’ici un an ?

«Engagement 31 : j’ouvrirai le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels».

François Hollande, Mes 60 engagements pour la France, janvier 2012

Et maintenant ? L’élection de François Hollande à la Présidence de la République, le 6 mai dernier, signifie-t-elle que la France s’apprête à devenir le huitième pays européen à reconnaître aux couples homosexuels les mêmes droits que les autres ? Bien sûr, les plus sceptiques gardent en mémoire la fameuse phrase de Charles Pasqua, «les promesses n’engagent que ceux qui y croient» et doutent de la volonté réelle du nouveau Président de s’engager dans un bras-de-fer avec la frange la plus conservatrice de la société française. D’autres y croient dur comme fer mais déplorent que les choses n’avancent pas assez vite : c’est le cas par exemple de la Coordination Interpride-France (CIF) et de l’Inter-LGBT, qui ont publié dès le lendemain du second tour un communiqué de presse commun exigeant «l’égalité réelle dans les cent jours».

Pour notre part, nous prenons le pari que François Hollande tiendra sa promesse, et ce dans un délai raisonnable (avant un an au plus tard). Non pas par excès de confiance à l’égard du Parti socialiste (sur les 110 propositions pour la France de François Mitterrand, combien ont été réellement et intégralement appliquées ?), mais parce que le nouveau chef de l’État devra, sur cette question, faire preuve de pragmatisme.

Se démarquer de la droite

Depuis l’annonce de sa candidature aux primaires socialistes, il y a plus d’un an, l’ex-député de Corrèze n’a cessé de répété qu’il ne romprait pas avec l’orthodoxie budgétaire imposée par Bruxelles, que l’ampleur du déficit public était sa principale préoccupation et qu’il tenterait de limiter autant que possible les nouvelles dépenses. Autrement dit, l’argent étant le nerf de la guerre, qu’il ne fallait pas s’attendre à une véritable «rupture» avec son prédécesseur en matière économique et sociale. Dès lors, pour mobiliser son camp et se différencier de ses adversaires, il ne reste plus à François Hollande qu’à porter aussi haut et aussi bruyamment que possible l’étendard des enjeux sociétaux, au premier rang desquels les revendications LGBT.

Un soutien très intéressé

Tout l’encourage et le pousse dans cette voie. Il sait que les Français sont majoritairement favorables à l’ouverture du mariage aux couples homosexuels (à 63%, selon un sondage BVA effectué en début d’année) et même, depuis peu, à l’homoparentalité (à 56%, selon ce même sondage). Le Parti socialiste a depuis bien longtemps compris tout le bénéfice électoral qu’il avait à soutenir les droits des homosexuels : des soixante engagements de François Hollande, très peu ont été autant mis en avant que l’engagement 31 (pour lequel un badge a même été spécialement créé !).

Durant toute la campagne qui vient de s’achever, le candidat et ses représentants se sont livrés à une véritable danse du ventre devant les associations LGBT, ravies et hypnotisées devant ce «racolage actif» des voix des homosexuels (pour la bonne cause, bien entendu). Un reniement paraîtrait donc à la fois hautement improbable, incompréhensible et risqué vis-à-vis de l’électorat de gauche. Reste à savoir si les Français confirmeront leur vote du 6 mai en donnant une majorité parlementaire au Président fraîchement élu, sans laquelle il se trouvera dans l’impossibilité de tenir la moindre de ses promesses. Rendez-vous donc après le prochain round, les dimanches 10 et 17 juin, dates des élections législatives.

 

Photo : couple gay se tenant par la main à la Marche des Fiertés LGBT de Toulouse en 2011 © Guillaume Paumier

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