Dodo
virilité festival des 7 collines Still Standing You credit Guilherme Garrido

La virilité en question au Festival des 7 collines

La programmation danse du Festival des 7 collines à Saint-Étienne sera l’occasion d’un déferlement de testostérone et de virilité, en provenance des États-Unis, de Belgique, d’Angleterre, d’Inde et du Portugal.

Les danseurs conviés cette année au Festival des 7 collines auraient pu partager l’affiche d’un tournoi de catch. Les trois cow-boys de The Host, le couple de meilleurs amis rivaux et homos de Still Standing You, mais aussi Aakash Odebra, danseur d’origine indienne dont la puissance réside dans le contrôle et la délicatesse : tous nous interrogent, sur le mode de la farce, du rapport de force ou de la sensibilité, sur les stéréotypes de la virilité.

L’Américain Andros Zins-Brown revisite le folklore du cow-boy conquérant les territoires de l’Ouest, les femmes et les taureaux. Trois danseurs en santiags foulent un espace hostile, dont le relief évolue sans cesse. Une fois venus à bout de cet environnement, ils entament, pouces aux ceintures et chapeaux vissés sur le crâne, une danse de parade, dont la retenue toute country ne dissimule pas quelques déhanchés ambigus. Mais comment frapper le sol de ses pieds quand celui-ci se dérobe, gonflant presque au point d’exploser ? La parade se transforme alors en bataille contre la gravité, évoquant une scène de rodéo durant laquelle le seul moyen de ne pas tomber est d’accepter le ballottement.

Du burlesque et de la grâce

Pieter Ampe et Guilherme Garrido, auteurs et interprètes de la pièce Still Standing You (déjà accueillis l’an dernier aux 7 collines pour leur pièce Still Difficult Duet) se livrent quant à eux à un corps-à-corps tendre, potache et violent. Frères ennemis ou couple d’amants, rien ne permet d’y voir clair dans la relation qu’ils jouent devant nous. Les claques viriles et amicales se transforment en coups, les pogos en étreintes amoureuses, les numéros de cirque en coïts brutaux. Les deux danseurs, belge et portugais, se cherchent, se trouvent, se tiennent par la taille, par la barbichette et par le sexe (si, si !). Une pièce burlesque, qui frôle parfois le ridicule sans jamais y sombrer grâce à une écriture toute en contraste et à un engagement physique sidérant.

La virilité est plutôt du côté de la grâce que de l’affrontement chez Aakash Odebra. Le danseur interprète dans Rising quatre solos, signés respectivement par Akram Khan, Sidi Larbi Cherkaoui, Russel Maliphant et par lui-même. Quatre vocabulaires chorégraphiques radicalement différents, entre abstraction chez Russel Maliphant et lyrisme chez Cherkaoui, qui résonnent néanmoins grâce à la danse incarnée, précise et généreuse d’Aakash Odebra.

 

 

Pommes et trapèzes

Le Festival des 7 collines s’est imposé comme un événement incontournable de la danse contemporaine mais aussi du nouveau cirque. En hommage à Pina Bausch, la troupe londonienne Gandini jongle avec des pommes dans Smashed. Les neuf artistes parviennent à restituer de façon surprenante la malice et la mélancolie des créations de la grande chorégraphe allemande. Sans doute moins subtil mais tout aussi enthousiasmant, Wunderkammer (La Chambre des merveilles) de la compagnie australienne Circa ravira les amateurs de performance grâce à son savant dosage de nouveau cirque, de cabaret et de burlesque. Le reste de la programmation est à l’avenant, entre émotions sur le fil, rires et explosions d’énergie.

 

Festival des 7 collines, du 4 au 13 juillet 2012 à Saint-Étienne / www.festivaldes7collines.com / 04.77.32.54.13

 

 

Photo de Une : Pieter Ampe et Guilherme Garrido dans Still Standing You © Guilherme Garrido
Photo 2 : The Host d’Andros Zins-Brown
Photo 3 : Aakash Odebra dans Rising © Chris Nash

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