Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, des travelos contre le sida

Le travestissement comme outil de lutte contre la stigmatisation des homosexuels et le sida, tel est le credo des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence depuis le 15 avril 1979, date de la fondation de leur premier couvent, à San Francisco.

Depuis ce jour, l’habit de nonne est inséparable de leur identité : la légende dit que les trois premières Sœurs avaient emprunté leurs déguisements à des religieuses de l’Iowa en prétendant qu’ils serviraient à une représentation théâtrale de La Mélodie du bonheur… Au civil, la plupart des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence sont des hommes et certains n’hésitent pas à arborer fièrement leur pilosité faciale sous leur maquillage blanc. Alors, pourquoi porter des habits traditionnellement associés à l’autre sexe, relevant qui plus est du domaine sensible de la religion ? Est-ce une provocation à l’égard des catholiques, voire une pure et simple manifestation de «christianophobie», comme le clament certains intégristes d’extrême-droite ?

En réalité, le rôle de ce costume va bien au-delà de la dérision. Il est, bien sûr, une façon de rappeler l’Église catholique à ses propres valeurs, souvent proclamées, rarement appliquées (surtout lorsqu’il est question de sida !) : amour de son prochain, tolérance, fraternité…

Mais c’est aussi un moyen de faciliter le dialogue entre les Sœurs et leur public, rencontré sur les lieux de drague, dans les saunas, les sex-clubs, les bars ou durant les Marches des Fiertés. Lors de ces échanges, il est souvent question de sexualité, de prises de risque, de maladie, de mort… Autant de thèmes qu’il n’est pas toujours facile d’aborder avec un inconnu. La figure réconfortante et protectrice de la Sœur, elle-même pécheresse et dénuée de tout jugement moral, permet de mettre leurs interlocuteurs en confiance en introduisant une distance avec une réalité parfois difficile.

Depuis la fondation du premier couvent français, à Paris, en 1990, l’Ordre de la Perpétuelle Indulgence a essaimé à travers l’Hexagone et compte désormais cinq couvents en activité dont, à Lyon, celui des 69 Gaules.

Sœurs de la Perpétuelle Indulgence

 

www.couventdes69gaules.fr

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