Dodo

“Opium”, le film d’Arielle Dombasle sur Cocteau, sort en DVD

Entre queer et kitsch, bricolage et génie, cocktails et Cocteau, Opium d’Arielle Dombasle ne cesse d’étonner par sa liberté de ton, d’allure, de narration.

Autant dire qu’on comprend ceux qui, avant de voir Opium, n’y croient pas une seconde. Et même qui ricanent sur la prétention de l’inusable Arielle Dombasle à raconter la liaison, au tout début des années 1920, entre Jean Cocteau (joué par Grégoire Colin) et le tout jeune Raymond Radiguet (Samuel Mercer, dont l’apparition est un clin d’œil au Tadzio de Mort à Venise). Et puis, la projection du film a à peine commencé qu’on est bien forcé de se défaire de tous ses a priori sur la dame et de constater qu’elle a su saisir et retranscrire quelque chose de ce pourquoi on aime Cocteau : la légèreté, la grâce, l’élégance, le côté mondain, le merveilleux, la sensualité, la beauté pour tout dire.

Opium Arielle Dombasle jean cocteau

Un film qui aurait sans doute plu à Cocteau lui-même

Faisant fi de la chronologie, mélangeant la vie de Cocteau (entre grand amour tragique, drogues et rivalités littéraires, avec André Breton entre autres) et les créatures issues de l’imaginaire du prince des poètes (ses dessins s’animent, les personnages de ses pièces entrent en scène…), jonglant avec des dialogues issus de textes de Cocteau (en particulier le journal Opium) et des chansons interprétées par les comédiens, sautant du coq à l’âne, réunissant un casting brillant, même pour des rôles minuscules (Marisa Berenson, Niels Schneider, Julie Depardieu, Jérémie Elkaïm…), s’affranchissant de tous les codes, Arielle Dombasle réussit à donner corps à ce drôle de projet.

Entre queer et kitsch, bricolage et génie, cocktails et Cocteau (pour reprendre le bon mot acerbe d’un journaliste de l’époque), Opium ne cesse d’étonner par sa liberté de ton, d’allure, de narration. Cela ne va pas sans afféteries ou sans moments ratés (que ce soit les airs entonnés par la diva Dombasle ou les apparitions de Philippe Katerine en improbable Nijinski) mais c’est bien peu face au charme singulier et troublant de cette délicieuse folie dont il est certain qu’elle aurait plu à Cocteau.

 

Opium d’Arielle Dombasle, avec Grégoire Colin, Samuel Mercer…
Sortie en DVD le 4 novembre (Épicentre Films)

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