Dodo
Filles de mai, écrit mis en scène par Géraldine Favre compagnie Pare-Choc

“Filles de mai” et femmes en lutte pour leurs droits

Le spectacle Filles de mai retrace la grande épopée de la lutte des femmes françaises pour leur émancipation, des suffragettes jusqu’à l’obtention de l’IVG.

Nous, qui nous pensons évidement éduqués, naturellement féministes et ontologiquement progressistes, croyons tout savoir de la grande geste des femmes en lutte pour leur émancipation, du moins dans ce coin de la planète qui est le nôtre. C’est le grand mérite de Filles de mai de dissiper cette illusion. Ce spectacle (né en 2008 d’une commande institutionnelle à la compagnie Pare choc pour célébrer le quarantième anniversaire de Mai 68), retrace, sous forme de conférence fictive animée par trois femmes, les grandes étapes du combat pour l’égalité juridique et sociale entre les sexes, depuis les suffragettes jusqu’à l’obtention de haute lutte du droit à l’avortement en 1975.

Filles de mai, écrit mis en scène par Géraldine Favre compagnie Pare-Choc

Les trois conférencières soulignent en creux combien cette épopée reste méconnue. Qui se souvient, par exemple, de La Fronde, premier quotidien féministe français (1897-1905), de la grève victorieuse des sardinières de Douarnenez en 1924-1925 ou encore du nom de la gynécologue Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé (1916-1994), qui n’a même pas droit aujourd’hui à une notice biographique sur Wikipédia et qui fut pourtant la fondatrice en 1956 de La Maternité heureuse, l’ancêtre du Planning familial ? Les quarante-cinq minutes de ce bref spectacle ne suffisent certes pas à bouleverser radicalement notre compréhension de l’histoire du féminisme français, mais sa dimension pédagogique évidente le rend nécessaire pour les jeunes comme pour les moins jeunes générations.

Une représentation en non-mixité le 8 mars

À l’heure de la disparition d’Antoinette Fouque (l’une des fondatrices du Mouvement de libération des femmes – MLF – qui s’en était plus tard attribué un peu vite la «maternité» exclusive), c’est en toute logique que le Carré 30 a intégré ce spectacle à sa programmation du 8 mars : à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il propose à ses spectatrices une soirée en non-mixité choisie durant laquelle elles pourront assister (outre la représentation de Filles de mai) à Qui, à part elle, une création de Noémie Terrail d’après Femmes. Poèmes d’amour et de combat de Taslima Nasreen, romancière bangladaise condamnée à mort par les intégristes religieux de son pays.

 

Filles de mai, les samedis 8, 22 et 29 mars au http://theatrecarre30.wixsite.com/site, 12 rue Pizay-Lyon 1 / 04.78.39.74.61

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