Dodo

Les Femmes S’en Mêlent, mignonnes et polissonnes

Les principaux concerts rhônalpins de la nouvelle édition du festival Les Femmes S’en Mêlent se répartissent une fois encore entre Lyon et Grenoble. Et les soirées que chaque ville accueille les révèlent à elles-mêmes : Lyon est mignonne, Grenoble est polissonne !

C’est l’Épicerie moderne de Feyzin qui accueillera l’unique date dans la région lyonnaise de l’édition 2014 du festival Les Femmes S’en Mêlent. Pour un concert lesbien ? Queer ? Trans ? Pas du tout. Le 19 mars se produira un joli couple à la scène (et anciennement à la ville) : Cults fera chavirer nos petits cœurs d’hétéros refoulés avec sa pop de luxe. Le duo est jeune, chevelu, new-yorkais (il vient de Manhattan) et voue un culte au tyrannique Phil Spector, au doo-wop et aux années 60. Il dit aimer Aphex Twin mais l’influence de l’acid house du compositeur britannique est difficile est percevoir à l’écoute de Static, deuxième album sorti cet automne.

À la vérité, le chant de Madeline Follin évoque bien davantage la tessiture de Madonna (période Papa don’t preach) ou celle de la choucroutée Ronnie Bennett. Car c’est bien Be My Baby des Ronettes que Cults a dans un coin de tête et sur le bout des lèvres à chaque refrain. La reverb omniprésente rend hommage à tous ces groupes d’un jour et à tous les girls band des années Spector. Avec en plus, pour le côté «bad boys», une pointe d’agressivité du côté des guitares un peu cracra qui posent une légère ambiance rock garage…

cults band Les Femmes S’en Mêlent heteroclite mars 2014

Grenoble skake son booty

Les salles de concert grenobloises, en accueillant quatre soirées, prouvent une fois encore leur attachement au festival Les Femmes S’en Mêlent mais aussi à la représentativité des artistes féminines dans les musiques actuelles. Le temps fort sera à la Chaufferie, où Dominique Young Unique n’aura aucun mal à faire monter la température le 27 mars. Découverte avec son EP Hot Girl en 2009, cette rappeuse américaine est très en colère, mais on ne sait pas trop contre quoi. Sa seule revendication pourrait en effet se résumer à : «mettez le feu et soyeux heureux». Mais s’il faut reconnaître que sa musique n’est pas très militante, elle n’en est pas moins diablement efficace. Dominique nous niaque de son flow rageur, tout en brassant un hip-hop à l’ancienne à de l’électro de cagole.

De hip-hop, il en sera également question le 29 mars à la Bobine avec la Danoise Linkoban, largement inconnue sous nos latitudes mais munie d’une formule non moins imparable : gros son et gros flow à la limite du ragga, parfait pour shaker nos gros booties. Durant la même soirée, la M.I.A. suédoise, Gnucci, rendra hommage au rap fluo des nineties. Elle est notamment la créatrice cool du tube Too Goodah for Themtrop bonne pour eux»), hit repris par toutes les femmes de Suède en 2009 comme un hymne ultra-féministe. Enfin, c’est Nadine Shah qui fera pour Les Femmes S’en Mêlent le trait d’union entre Grenoble (le 18 mars au Ciel) et Feyzin (le lendemain à l’Épicerie Moderne). L’artiste anglaise nous plongera dans les ténèbres avec son rock ni mignon, ni polisson mais définitivement noir et sensuel !

 

Festival Les Femmes S’en Mêlent, du 18 mars au 4 avril / www.lfsm.net

 

Photo 1 : Dominique Young Unique
Photo 2 : Cults

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