Dodo

Identités brouillées à la Biennale de la Danse

La seizième édition de la Biennale de la Danse invite à nouveau des chorégraphes et des danseurs du monde entier à rendre compte de la diversité et de la vitalité de la danse contemporaine.

 

Cette année encore, la Biennale de la Danse propose son lot de spectacles qui cherchent à abolir les frontières de genre, à comprendre les identités troublées et à inventer des formes hybrides, dans une démarche que l’on peut qualifier de queer. Passage en revue de quelques-uns d’entre eux.

 

John (Lloyd Newson / DV8 Physical Theatre)

Hannes Langolf, danseur biennale de la danse

 

Le chorégraphe australien Lloyd Newson présente avec sa compagnie DV8 Physical Theatre sa dernière création, John, à la Biennale de la Danse. Psychologue de formation, Newson a pour habitude de travailler à partir d’entretiens, revendiquant la dimension documentaire de ses spectacles. Pour John, il a recueilli le témoignage d’une cinquantaine d’hommes à propos de leur rapport à l’amour et au sexe. Sur le plateau, les danseurs donnent vie à cette parole, les mouvements accompagnant les mots pour dresser une cartographie de l’intime. Anonymisés sous le prénom de John, les hommes interrogés livrent une part secrète de leur personnalité, dans laquelle chacun est libre de se retrouver. Face à cette parole libérée, les spectateurs sont alors invités à se remettre en question et à jouer à leur tour le jeu de l’introspection.
Du 10 au 12 septembre à la Maison de la Danse, 8 avenue Jean Mermoz-Lyon 8

 

Dumy Moyi (François Chaignaud)
Jeune artiste queer que le public lyonnais a notamment pu voir au Lavoir public, François Chaignaud sera présent avec deux spectacles lors de cette Biennale de la Danse. Avec son acolyte Cécilia Bengolea, il a été invité à créer une pièce pour le Ballet de l’Opéra de Lyon. Face à cette institution, les deux chorégraphes ont décidé d’explorer la pointe, pas emprunté à la danse classique, afin d’en proposer une relecture plus contemporaine. En outre, François Chaignaud proposera également au Toboggan de Décines un spectacle solo, Dumy Moyi, sorte de fusion entre danses sacrées indiennes et cabaret. Pensé pour des lieux dont la destination première n’est pas la représentation théâtrale ou chorégraphique, le spectacle est contraint d’explorer de nouvelles manières d’utiliser la lumière et le son et de créer un nouveau rapport avec les spectateurs. Vêtu de costumes imaginés par le jeune et extravagant fashion designer Romain Brau, François Chaignaud devrait encore une fois faire naître un monde interlope aux identités brouillées.
Dumy Moyi, les 19 et 20 septembre au Toboggan, 14 avenue Jean Macé-Décines

 

C’est du théâtre comme c’était à espérer et à prévoir
Dans le brouillage des genres – artistiques ceux-là –, Jan Fabre fait figure de maître. L’artiste flamand protéiforme et sa troupe, Troubleyn, ont ainsi été conviés à reprendre pour la Biennale de la Danse une pièce de 1982, C’est du théâtre comme c’était à espérer et à prévoir. Avec ce spectacle, Jan Fabre marquait son entrée fracassante dans l’univers du spectacle vivant. Durant huit heures – la durée d’une journée de travail – les danseurs exécutent sur scène des actions tirées du quotidien, répètent à l’envi des gestes et des mouvements, s’épuisent sous les yeux des spectateurs. Fortement inspiré par sa culture en arts visuels, mais également par les chamboulements que connaît la danse dans les années 1970 et 1980, Jan Fabre propose alors un spectacle qui abolit les frontières entre les arts. Il n’y a rien à espérer et à prévoir dans cette pièce, rien du théâtre traditionnel, si ce n’est la volonté de l’artiste de casser les codes en place et d’inventer des formes hybrides.
Dimanche 21 septembre aux Célestins, 4 rue Charles Dullin-Lyon 2

 

Carmen
Enfin, cette édition 2014 de la Biennale de la Danse sera également l’occasion de retrouver la coqueluche des scènes internationales, la Sud-africaine Dada Masilo, avec une nouvelle création inédite, Carmen. Celle dont le Swan Lake a connu à deux reprises déjà les honneurs de la Maison de la Danse poursuit sa réécriture des ballets européens. Après Ophélie, Juliette, Siegfried et Odette, c’est au tour de l’intrépide Carmen de se parer des couleurs et des musicalités de l’Afrique du Sud. Gageons que Dada Masilo, qui elle non plus n’a jamais connu de lois, saura réactiver l’érotisme de l’héroïne andalouse.
Du 20 au 25 septembre à la Maison de la Danse, 8 avenue Jean Mermoz-Lyon 8 et du 27 au 28 septembre au Théâtre du Vellein, avenue du Driève-Villefontaine

 

Biennale de la Danse, du 10 au 30 septembre / 04.27.46.65.65 / www.biennaledeladanse.com

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